Protection des eaux
L’eau, un bien commun à préserver
L’eau est une ressource essentielle qu’il convient de protéger. Pour être propre à la consommation, elle doit respecter des normes strictes de potabilité.
La qualité d’une masse d’eau s’évalue selon trois volets :
- Écologique ;
- Chimique ;
- Quantitatif.
Chaque jour, de nombreux échantillons sont analysés afin de vérifier les paramètres physico-chimiques de l’eau distribuée.
L’eau potable est d’ailleurs la denrée alimentaire la plus contrôlée : elle ne doit contenir aucun micro-organisme, parasite ou substance dangereuse pour la santé.
Parmi les nombreux paramètres surveillés, deux sont particulièrement importants :
- Les nitrates : leur teneur ne peut dépasser 50 mg/l, conformément à la limite fixée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
- Les substances actives des pesticides et leurs métabolites : la concentration maximale autorisée est de 0,1 µg/l pour chaque molécule prise individuelle, et 0,5 µg/l pour l’ensemble des molécules détectées.
La Directive-cadre sur l’eau (DCE) impose à chaque État membre de l’Union européenne de mettre en place un programme de surveillance afin de garantir le bon état des masses d’eau.
La situation en Wallonie
D’après l’Etat de l’environnement wallon, trois types d’altérations expliquent le déclassement des masses d’eau souterraines : la présence de nitrate et/ou de pesticides principalement issus de l’agriculture ainsi que les macropolluants (ammonium et/ou phosphore) d’origine industrielle. Les activités agricoles constituent donc une cause majeure du mauvais état chimique des eaux souterraines.
Entre 2014 et 2019, 41 % des masses d’eau n’atteignaient pas le bon état requis.
Les principaux polluants identifiés sont :
- Les nitrates ;
- Et les produits phytopharmaceutiques.
Les ménages, les services à la population, les industries et certains anciens sites contaminés (comme les décharges) contribuent également à cette dégradation.
Eaux de surface et eaux souterraines : réseaux de surveillance
En Wallonie, deux réseaux de surveillance ont été établis pour suivre la qualité des masses d’eau de surface et souterraines.
Eaux souterraines
Le réseau comprend 397 points de mesure, répartis entre :
- Les points appartenant aux producteurs d’eau ;
- Les points dits “patrimoniaux” (sources et puits privés).
Ce suivi est assuré par le Service public de Wallonie (SPW).
Eaux de surface
La qualité des eaux de surface est surveillée moyennant plus de 380 sites de contrôle, généralement un site par masse d’eau. Les analyses portent sur les nitrates, ainsi que sur diverses substances actives et métabolites de pesticides.
Pour des conseils pratiques sur la préservation de la qualité de l’eau face aux risques liés à l’azote et aux produits phytopharmaceutiques, consultez le site PROTECT’eau.
Des programmes d’action pour préserver l’eau
La Wallonie met en œuvre plusieurs programmes et réglementations pour protéger la qualité de l’eau et réduire les pollutions liées à l’agriculture, aux industries et aux usages domestiques :
- Programme de Gestion Durable de l’Azote (PGDA) – en place depuis 2001, il aide les agriculteurs à mieux gérer l’azote et à réduire les pressions environnementales : Le PGDA | PROTECT’eau
- Programme Wallon de Réduction des Pesticides (PWRP) - lancé en 2013, il fixe des lignes directrices pour limiter les risques liés aux pesticides pour la santé et l’environnement. Il s’applique à tous les utilisateurs, professionnels comme particuliers.
- Décret “pollueur-payeur” (1990) - les industries wallonnes sont soumises à une taxation proportionnelle à leurs rejets, afin d’inciter à la réduction des pollutions.
- Assainissement des eaux usées – aujourd’hui, 87 % de la population relève du régime collectif et 12 % du régime autonome. Au total, 91 % des eaux usées sont traitées dans une station d’épuration, ce qui représente un progrès majeur en matière en protection de l’environnement.
Captage et protection des eaux potabilisables
En Wallonie, 80 % de l’eau potable provient des nappes souterraines et 20 % des eaux de surface. Un captage d’eau potable consiste à prélever, à partir d’une source naturelle, de l’eau destinée à la consommation humaine.
La Société Publique de Gestion de l’Eau (SPGE), mandatée par la Région wallonne, assure la protection des prises d’eau potabilisables en collaboration avec les producteurs d’eau afin de garantir une eau de qualité au robinet. L’exploitation est assurée par les communes et intercommunales.
Zones de prévention autour des captages
La protection des captages est régie par l’Arrêté Gouvernemental du 12 février 2009. Elle repose sur des périmètres de sécurité définis :
- Selon le temps de transfert de l’eau souterraine jusqu’au captage ;
- Ou de manière forfaitaire, selon le type d’ouvrage (puits, émergence, galerie) et la nature de l’aquifère (sable, craie, schiste…).

Image : PROTECT'eau
Pour en savoir plus :
- Consultez la page "Zones de prévention" du site PROTECT’eau
- Consultez notre page "Zones de prévention des captages"
Le contrat de captage
Le Contrat de captage complète la réglementation. Il s’agit d’un plan d’actions concerté et élaboré avec les acteurs de terrain, afin de préserver ou améliorer la qualité de l’eau. Il permet de mettre en place des mesures adaptées localement, en tenant compte des pratiques agricoles, industrielles et domestiques.
Pour en savoir plus, rendez-vous ici.