Règles de manipulation, usages, traçabilité et stockage
Choisir le bon produit
Uniquement les produits autorisés en Belgique, identifiables par un numéro officiel (ex : xxxxxG/B pour les amateurs, xxxxxP/B pour les professionnels) peuvent être utilisés en Belgique.
Pour pouvoir utiliser, stocker, conseiller ou vendre des produits à usage professionnels il est nécessaire de détenir une phytolicence.
Phytoweb permet de vérifier la liste actualisée des produits autorisés et leurs conditions d’application.
Lire et respecter l’étiquette : quelques règles
- L’étiquette est le mode d’emploi légal du produit.
- Ne modifiez jamais l’emballage ni l’étiquette.
- Si l’étiquette est illisible ou endommagée, le produit doit être éliminé via les filières agréées.
- La dose indiquée sur l’étiquette doit être respectée pour garantir l’efficacité du traitement et limiter les impacts sur la santé et l’environnement.
- Visiter régulièrement le site Phytoweb permet de s’assurer que les conditions d’application n’ont pas été révisées depuis l’achat.
Pour en savoir plus quant à l’élimination des PPP à usage professionnel, de plus amples informations sont disponibles sur le site Corder et sur le site Agrirecover.
Porter les bons équipements (EPI) : une mesure essentielle pour se protéger durant la manipulation
La manipulation des produits phytopharmaceutiques présente des risques importants : projections, inhalation, contact cutané ou contamination indirecte.
Le port d’EPI constitue la première barrière de sécurité pour limiter l’impact des PPP sur la santé de l’utilisateur. Le choix de ces équipements varie suivant l’usage envisagé et les risques indiqués sur l’étiquette du produit : Equipement indispensables
Avant toute manipulation, il est donc indispensable de lire attentivement l’étiquette ou la fiche de sécurité du produit concerné.
- Gants : réduisent jusqu’à 90 % le risque de contamination des mains. Ils doivent être en nitrile ou néoprène, suffisamment longs pour protéger les avant-bras et éviter la contamination des poignets.
- Masque : essentiel pendant la préparation et l’application afin d’éviter l’inhalation de gouttelettes ou de poussières. Le masque doit être adapté au type de produit (filtre A2P3 pour solvants et particules). Un masque inadapté peut accumuler les polluants près des voies respiratoires.
- Lunettes ou visière de protection : préviennent les projections pouvant causer de graves lésions oculaires.
- Combinaison : doit porter le marquage « CE », garantissant une protection conforme aux normes européennes. Elle doit être résistante aux produits chimiques et couvrante
- Bottes ou bottines : la combinaison doit être portée au-dessus pour empêcher toute infiltration de liquide. Les bottes doivent être étanches et faciles à nettoyer.
Les EPI doivent être entretenus, nettoyés et remplacés régulièrement. Un équipement usé ou endommagé perd son efficacité.
Pour tout renseignement sur la prévention et la sécurité, rendez-vous sur la Mission Wallonne des Secteurs Verts, et en particulier ce guide des EPI.
Bien pulvériser : bonnes pratiques et précautions à adopter
Entretenir correctement son pulvérisateur
Tout utilisateur de PPP doit disposer d’un pulvérisateur en parfait état de fonctionnement et en ordre de contrôle technique.
Un entretien régulier, tout au long de la saison, est indispensable pour garantir une précision des traitements et éviter tout risque de disfonctionnement.
Pour en savoir plus sur le sujet, nous vous invitons à consulter le site web des ASBL PROTECT’eau et Corder.
Conditions de manipulations
Pour les utilisateurs professionnels disposant d’un pulvérisateur de plus de 20 litres, certaines étapes doivent être réalisées dans des conditions strictes :
- Le remplissage du pulvérisateur ;
- La préparation de la bouillie ;
- Le rinçage et le nettoyage interne et externe de la cuve.
Afin d’éviter tout excédent de bouillie, il est nécessaire de calculer toujours avec précision la quantité de produit et d’eau nécessaire selon la superficie à traiter.
Règles essentielles à respecter
Protection du public vulnérable
Évitez la pulvérisation à proximité des écoles, crèches ou lieux accueillant des publics vulnérables. Interdiction à moins de 50 mètres pendant les heures de fréquentation. Plus d’informations sont disponibles sur CRP.
Protection des sites Natura 2000
L’utilisation des PPP dans ces zones est strictement réglementée, sauf exceptions spécifiques. Plus d’informations sont disponibles sur Natagriwal.
Limiter la dérive de pulvérisation
À partir de 2026, la dérive doit être réduite d’au moins 75%. Certains produits imposent une réduction plus importante (90 % ou encore 99 %). Il est donc nécessaire de lire attentivement l'étiquette du produit ou de consulter Phytoweb.
Pourquoi limiter la dérive ? Car cela permet :
- D’améliorer la qualité du traitement ;
- De réduire les pertes de produits ;
- De diminuer les risques pour la santé, l’environnement et les cultures voisines.
Spécificité des TRNC (terrains revêtus non cultivables)
Il est interdit de traiter les TRNC reliés aux égouts (terrasses, allées, parkings…). Le ruissellement des PPP vers les eaux de surface représente un risque majeur de contamination.
Pour en savoir plus concernant la protection des eaux, nous vous invitons à consulter la partie qui y est dédiée.
Respect des zones tampon
Les zones tampons sont des bandes de terrain non traitées situées entre :
- Une surface traitée et les eaux de surface, ou
- Une surface traitée et une zone à fort risque de ruissellement.
Son rôle ? Protéger les organismes aquatiques et les eaux de surface contre la dérive de pulvérisation (mentionnée ci-dessus).
En Wallonie, deux types de zones tampons doivent être respectées :
- Zones tampon minimales (mesure régionale) ;
- Zones tampon étiquettes (mesure fédérale).
Pour en savoir plus : Les zones tampon | PROTECT’eau
Respect du couvert végétal permanent (CVP)
Depuis 2021, un couvert végétal permanent (CVP) de 6 mètres de large doit être implanté le long de tout cours d’eau bordant une terre de culture (y compris les prairies temporaires), sauf pour les parcelles en culture biologique.
Adaptez l’application aux conditions météorologiques
Évitez les traitements lorsque les conditions favorisent la dispersion ou le lessivage des produits (vent fort, pluie imminente, sol saturé…).
- Interdiction de pulvériser lorsque la vitesse du vent dépasse 20 km/h ;
- Préférable de traiter à moins de 15 km/h, par hygrométrie supérieure à 60 % et température comprise entre 5 et 20 °C, afin d’assurer l’efficacité et de limiter les risques de dérive : Conditions météo | CRP.
Maitriser la technique de pulvérisation
Pour une application efficace :
- Ajustez la hauteur des rampes ;
- Adaptez la vitesse d’avancement et le débit ;
- Choisissez les buses appropriées…
Une bonne gestion des effluents phytopharmaceutiques est également indispensable. N’hésitez pas à consulter cette page pour en savoir davantage.
Traçabilité et contrôle : la tenue des registres
La tenue des registres est obligatoire pour retracer l’historique de circulation et d’utilisation des PPP. Dans le cadre de l’autocontrôle et de la conditionnalité des Droits Payement Unique (DPU), plusieurs registres sont requis pour assurer la traçabilité. Il en existe plusieurs types : registre de pulvérisation, d’entrée et de sortie, registre des effluents, registre des déchets dangereux…
Pour en savoir plus sur la traçabilité et le contrôle, rendez-vous sur le site de l’ASBL Corder.
Depuis 2025, dans le cadre de l’obligation de détenir un registre électronique dès janvier 2027, l’ASBL Corder propose l’outil Appi’Field, gratuit relié à Phytoweb, qui facilite l’encodage et la conformité des traitements phyto.
Stockage des produits phytopharmaceutiques
Tous les produits phytopharmaceutiques (PPP) destinés à un usage professionnel doivent être entreposés dans un dispositif de stockage approprié, dédié et conforme à la réglementation en vigueur (local ou armoire).
Ce dispositif doit être propre, bien entretenu et aménagé de manière à garantir la bonne conservation des produits. Il doit également répondre aux exigences minimales de sécurité détaillées sur les sites de l’ASBL CORDER (Stockage et traçabilité) de l’ASBL PROTECT’eau, et de l’ASBL PreventAgri.
L’accès au local de stockage est fermé à clé et strictement réservé :
- Aux titulaires d’une phytolicence P1, P2 ou P3, ou
- À toute personne accompagnée d’un titulaire d’une telle phytolicence.
La gestion du local est quant à elle exclusivement assurée par les détenteurs d’une phytolicence P2 ou P3.
Les PPP doivent être conservés dans leur emballage d’origine, munis de leur étiquette.
Les Produits Phytopharmaceutiques Non Utilisables doivent être stockés séparément, clairement identifiés par la mention « PPNU » ou « Périmés », et conservés en attendant la prochaine collecte.