Pertes et gaspillages alimentaires
Chaque année, environ un tiers de la totalité des aliments produits dans le monde pour la consommation humaine - soit l’équivalent de 1,3 milliard de tonnes - est perdu ou gaspillé.
Et ce, alors que dans le monde 1 personne sur 9 ne mange pas suffisamment de nourriture pour être en bonne santé et mener une vie active … soit quasiment 1 milliard de personnes !
Un énorme gâchis...
La production alimentaire représente en outre 22 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Les aliments perdus ou gaspillés génèrent donc 7 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre, et contribuent ainsi au dérèglement climatique !
Ces pertes interviennent tout au long de la chaîne alimentaire, au niveau de la production, de la transformation, de la distribution et de la consommation, dans les restaurants et cantines de collectivités et au sein des ménages.
Il s’agit par exemple de pertes lors de la récolte, du transport ou du stockage, de produits laissés sur champ pour des raisons économiques ou parce qu’ils ne rencontrent pas les standards de la grande distribution, de ratés de production, de produits invendus finalement périmés, de déchets issus de la préparation des repas, de restes de repas, d’aliments périmés oubliés au fond des frigos ou achetés en trop grande quantité, etc.
En Wallonie, où en sommes-nous ?
En 2024, pas moins de 678.500 tonnes de déchets alimentaires ont été produites en Wallonie sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. Parmi ces déchets, les 4/5èmes sont considérés comme non comestibles (os, épluchures…). Les autres déchets – c'est-à-dire la fraction comestible des déchets alimentaire – s’apparentent au gaspillage alimentaire. Ils représentent 132.000 tonnes (excepté le secteur primaire pour lequel les données ne sont pas disponibles), soit plus de 20% des déchets alimentaires totaux. À l’origine de ces déchets se trouvent les ménages, mais aussi toute la chaîne de production et d’acheminement des produits vers le consommateur.
En 2024, le gaspillage alimentaire des Wallons était estimé à 84 kg par habitant, contre 93 kg par habitant en 2020, soit une baisse de 10 % en quatre ans. Ces données doivent être interprétées toutefois avec prudence, vu les limites aux données disponibles.
En 2026, 1 Wallon sur 2 déclare jeter au moins 1 fois par semaine des restes de repas, ainsi que des fruits et légumes (sans compter les épluchures).
Les pains et pâtisseries suivent immédiatement, à hauteur de 45 % des répondants. Au total, tous aliments confondus, un wallon sur trois jette au moins une fois par semaine de la nourriture.
Les ménages wallons invoquaient principalement quatre raisons pour justifier de jeter des aliments :
- des préparations en trop grandes quantités ou de trop grandes portions (33 % des répondants),
- le dépassement de la date de péremption des aliments frais (30 % des répondants),
- le manque de temps pour consommer l’aliment (29 % des répondants),
- la mauvaise conservation de l’aliment, avarié (23 % des répondants).
Par ailleurs, deux wallons sur cinq estiment que moins d’un quart des déchets jetés étaient inévitables (déchets non comestibles).
Plan REGAL et Plan wallon des déchets-ressources
En vue de réduire les pertes et gaspillages alimentaires, chaque acteur a un rôle à jouer: entreprises, fédérations professionnelles, pouvoirs publics et citoyens.
Le Gouvernement wallon a adopté en juin 2015 un 1er programme de lutte contre les pertes et gaspillages alimentaires, le Plan REGAL, mis à jour en février 2018. Son objectif : réduire de 30 % les pertes et gaspillages alimentaires d’ici 2025, au niveau des différents maillons de la chaîne alimentaire.
Le plan REGAL a ensuite été intégré et renforcé au travers du cahier 2 du Plan wallon des déchets-ressources (PWD-R) dédié à la prévention des déchets.
Différentes actions ont été menées dans ce cadre, par exemple l’organisation de campagnes de sensibilisation, la promotion du système des rest-o-packs, la réalisation d’audits sur base volontaire dans les entreprises, ou encore le soutien des actions « zéro déchet » menées par les communes et intercommunales.
Le 5 juin 2025, le Gouvernement wallon a décidé des priorités dans la poursuite de la mise en œuvre du PWD-R, parmi lesquelles la réduction des déchets alimentaires.
Il s’agit d’amplifier les efforts pour atteindre les objectifs de réduction fixés par l’Union européenne d'ici 2030 :
- Production alimentaire hors production agricole : - 10% de la quantité de déchets produits
- Distribution alimentaire, restaurants et services de restauration : - 30% de la quantité de déchets (en kg/habitant)
- Consommateurs : - 30% de la quantité de déchets (en kg/habitant).