Cadmium

 

Le cadmium peut se trouver naturellement dans les sols car il est présent dans certaines roches. En Wallonie, cette présence naturelle est néanmoins très faible.

Les teneurs élevées en cadmium observées dans le sol proviennent principalement d’activités humaines historiques à savoir :

  • des retombées atmosphériques liées à la métallurgie ;
  • et dans une moindre mesure, des engrais minéraux phosphatés utilisés en agriculture.

Carte des teneurs probables en cadmium dans les sols wallons

Grâce au projet CAPASOL 6, des cartes ont été réalisées pour estimer les teneurs probables en cadmium dans les sols agricoles et forestiers de Wallonie au niveau de l’horizon de surface c’est-à-dire dans les 30 premiers centimètres du sol.

Ces cartes, construites sur des grilles de 100 m x 100 m, sont basées sur un jeu de données de plus de 9000 mesures pour le cadmium, principalement réalisées au droit de parcelles agricoles. Ces cartes donnent donc une estimation des teneurs probables en cadmium au droit des zones agricoles. Grâce à ces données, il est établi que la grande majorité des parcelles agricoles présentent des teneurs en cadmium inférieures à 0,5 mg/kg.

La carte des teneurs probables en Cadmium dans les sols wallons est accessible au public sur le Géoportail de la Wallonie.

Cependant, cette cartographie a certaines limites :

  • Elle ne prend pas en compte les remblais ou d’éventuelles anomalies géochimiques ponctuelles/locales ;
  • Elle part du principe que la Wallonie est entièrement couverte soit par un sol agricole, soit par un sol forestier ;
  • Elle ne prend pas en compte les pollutions locales ;
  • Elle ne recouvre pas encore entièrement la notion de concentration de fond au sens du Décret Sols (Art. 2, 22° "concentration de fond" : concentration ambiante d'un polluant dans le sol ; les concentrations ambiantes peuvent indiquer des variations géologiques naturelles ou l'influence d'une activité agricole, industrielle ou urbaine généralisée).

Pour ces raisons, des teneurs différentes de celles prédites pourraient être mises en évidence lors de la réalisation d’analyses de sol. Il est ainsi conseillé, si l’on souhaite disposer de teneurs représentatives, par exemple dans un jardin potager en ville, de procéder à des analyses du sol aux endroits souhaités.

Pour rappel, conformément à l’article 6 du Décret Sols, lorsqu’une analyse de sol est réalisée uniquement pour évaluer la qualité environnementale ou agricole d’un champ, d’un jardin ou d’un terrain potentiellement cultivable, la mise en évidence d’un dépassement des seuils de pollution n’entraîne aucune obligation de caractériser ou de délimiter cette pollution.

Conseils pour la production de denrées alimentaires végétales

Le lien, entre la présence possible (via les cartes des teneurs probables en cadmium) ou avérée (sur base d’analyses de sol locales) de certains éléments traces métalliques (ETM) dans un sol et le risque de dépassement des normes alimentaires au niveau des denrées commercialisées, n’est pas chose simple et directe.

Concernant le cadmium, les concentrations totales dans le sol ne sont pas entièrement biodisponibles.

Les caractéristiques du sol (pH, teneur en matière organique), le type de plante, le stade de croissance et les conditions climatiques influencent entre autres le transfert vers le végétal. Qui plus est, le cadmium ne se retrouve pas de façon homogène dans les différentes parties de la plante.

Il est dès lors conseillé de procéder à des analyses des denrées produites, en parallèle aux analyses de terre, et de mettre tout cela en perspective avec les pratiques agricoles réalisées. Ceci afin d’obtenir une vue plus précise de leur situation propre (parcelle) et ainsi d’apporter les aménagements utiles le cas échéant.

En Province de Liège, les citoyens peuvent bénéficier d’une aide lorsqu’un potager se situe dans une zone où le sol présente des teneurs significatives en métaux lourds. Après une première analyse du sol réalisée par le laboratoire provincial, et si celle‑ci révèle une présence notable de métaux lourds, la Province propose une analyse gratuite de légumes (jusqu’à 5 échantillons) afin de vérifier leur teneur en métaux et d’évaluer leur innocuité pour la consommation. Cette prestation, effectuée par le Laboratoire provincial – Espace Tinlot, permet aux particuliers de mieux connaître la qualité de leurs productions potagères. Vous trouverez plus d’informations sur le lien suivant : https://www.provincedeliege.be/fr/agrulab/particuliers/analyses-legumes

A titre informatif, le Haut Conseil de la Santé Publique en France a publié (août 2022) des valeurs repères pour le cadmium dans les sols et a défini un seuil de vigilance active de 1 mg/kg pour les sols avec cultures potagères (seuil abaissé à 0,5 mg/kg dans le cas d’une autoconsommation à 100% locale) avec un seuil d’action rapide à 5 mg/kg pour les enfants âgés de moins de 7 ans (abaissé à 2 mg/kg dans le cas d’une autoconsommation à 100% locale).

Ces recommandations rejoignent les conclusions des études réalisées en Wallonie dans le cadre du projet SANISOL.

Pour les particuliers

Le SPW ARNE a mis à disposition, en 2021, l’outil SANISOL destiné aux personnes qui cultivent un potager privé ou communautaire. A partir d’une analyse de sol et, le cas échéant, d’une analyse de légumes, cet outil permet :

  • D’évaluer les risques possibles liés à la présence de métaux lourds ;
  • De réduire l’exposition aux métaux lourds ;
  • De recevoir des conseils pour jardiner de manière sûre.

L’outil est accessible à l’adresse suivante : sanisol.wallonie.be.

Pour les maraîchers et agriculteurs professionnels

Les maraîchers professionnels, sont invités à se rapprocher du Centre Interprofessionnel Maraicher et à se référer au guide mis à jour en 2025 qui leur est spécifiquement destiné : « Guide pour la gestion du maraîchage en zone de sols pollués par les métaux lourds ».

Ce guide est un outil particulièrement complet destiné aux maraîchers confrontés à la problématique des métaux lourds dans les sols. Il rassemble une grande quantité de conseils pratiques, notamment sur les leviers agronomiques permettant de réduire le transfert sol‑plante, les amendements à privilégier, les pratiques culturales adaptées, ainsi que les précautions à prendre avant l’acquisition ou l’exploitation d’un terrain.

Le document contient également plusieurs cartes issues du projet CAPASOL 6, permettant de visualiser les zones wallonnes où les teneurs probables en métaux lourds sont les plus élevées, ce qui aide les maraîchers à évaluer rapidement le niveau de vigilance à adopter sur leur parcelle. Grâce à sa structure claire et à la diversité de ses recommandations, ce guide constitue une ressource essentielle pour gérer le maraîchage en zones potentiellement polluées.

En sus, les centres-pilotes agréés par la Région wallonne sont à la disposition des producteurs professionnels, filière par filière, au lien suivant : https://centrespilotes.be/cp/