Cadmium
Le cadmium (Cd) est un élément trace métallique (ETM) présent dans les différents compartiments de l’environnement comme l’air, l’eau et le sol, du fait de sa présence à l’état naturel dans la croûte terrestre et des activités industrielles. Il est notamment utilisé dans les batteries nickel-cadmium, certains pigments (jaunes, rouges, oranges) pour plastiques, céramiques et verres, des traitements anticorrosion, l’électronique, certains alliages, certains engrais phosphatés, etc.
Pour plus d’information sur la présence de cadmium dans l’environnement, vous pouvez consulter la page "Cadmium" dans notre section "Risques continus et pollutions".
Par ailleurs, les résultats du programme de bio-monitoring wallon (BMH-WAL 2019-2025) montrent que :
- le cadmium est détecté dans la quasi-totalité des Wallons testés,
- les enfants et les jeunes présentent des concentrations urinaires mesurables,
- les adultes (40-59 ans) ont les concentrations les plus élevées, en raison de l’accumulation sur le long terme.
La concentration chez les fumeurs est plus élevée que chez les non-fumeurs.
Effets sur la santé et valeur de référence sanitaire
Le cadmium n’a pas de rôle physiologique connu pour l’Homme. Les atteintes organiques en cas d’intoxication massive au cadmium sont principalement de nature digestive et rénale.
En cas d’intoxication chronique, les premières manifestations sont rénales (Wu 2016 et Ke 2015). Le cadmium peut également provoquer une déminéralisation osseuse, soit par des lésions osseuses directes, soit indirectement par suite d'un dysfonctionnement rénal diminuant la capacité de réabsorption du calcium et du phosphore du rein (fuite phosphocalcique). Cette fuite phosphocalcique peut être responsable d’une ostéomalacie voire d’une ostéoporose.
De plus, le Centre International de Recherche sur le Cancer a classé le Cd comme cancérogène pour l'Homme, notamment pour les poumons (groupe 1 ; CIRC 2009). Il est aussi reconnu comme mutagène et toxique pour la reproduction.
D’autres effets indésirables sont également identifiés notamment sur le neurodéveloppement et le système cardio-vasculaire. (Anses 2026)
La cadmiurie (cadmium urinaire) est le biomarqueur préconisé qui représente le mieux la charge corporelle en Cd. Le cadmium est un cumulatif dont la charge s’accroit avec l’âge en se stockant dans les reins et le foie principalement. Pour le cadmium urinaire, il y a une différence de valeurs de référence sanitaire entre les enfants/adolescents et les adultes (Apel et al, 2017). Pour les adultes, les valeurs de référence et d’intervention sont respectivement de 1 µg/L et 4 µg/L. Pour les enfants/adolescents, elles sont de 0,5 µg/L et 2 µg/L. Ces seuils ont été définis par l’agence allemande de l’environnement et correspondent à des valeurs HBM I et HBM II qui témoignent du niveau de risque d’atteinte rénale.
La cadmiémie (cadmium sanguin) reflète principalement l’exposition des derniers mois. Elle est, entre autres, particulièrement influencée par le tabagisme. La mesure du cadmium sanguin est plus utile dans une optique de comparaison à d’autres populations d’étude plutôt que pour définir un risque pour la santé.
Sources et voies d’exposition
La source principale d’exposition au cadmium est le tabagisme. La fumée de cigarette est une source majeure d’exposition par inhalation. Les fumeurs présentent des concentrations corporelles de cadmium nettement plus élevées que les non-fumeurs (BMH-Wal 2019-2025).
Chez les non-fumeurs, la source principale d’exposition au cadmium est l’alimentation (Anses 2026).
En effet, le cadmium présent dans les sols est facilement absorbé par les végétaux et entre dans la chaîne alimentaire.
Les aliments qui contribuent le plus à notre exposition au cadmium dépendent à la fois de leur teneur en cadmium et de leur fréquence de consommation. Les principaux aliments contributeurs à l’exposition sont les céréales et produits céréaliers (pain, pâtes, biscuits, pâtisseries, céréales de petit-déjeuner, etc.), le riz, les pommes de terre et les légumes.
D’autres aliments présentent des teneurs plus élevées en cadmium, comme par exemple les mollusques, les crustacés, les algues, les abats et le chocolat. Moins consommés de manière générale, ils peuvent toutefois contribuer de manière significative à l’exposition des personnes qui en consomment fréquemment.
Pour tout renseignement complémentaire à propos des normes de concentration en Cd dans l’alimentation, vous pouvez consulter le site de l’AFSCA.
Recommandations pour réduire l’exposition
Tabagisme
La première source du cadmium est le tabac. La principale recommandation consiste donc, pour le fumeur, à s’abstenir de fumer des produits du tabac (cigarette, cigare, pipe, etc.). Si l’arrêt du tabagisme n’est pas envisageable, il convient d’éviter de fumer dans des espaces clos (maison, voiture, etc.) et en présence d’autres personnes, surtout s’il s’agit d’enfants ou de femmes enceintes (le cadmium s’accumule également dans le placenta).
Pour les non-fumeurs, éviter les endroits enfumés pour vous protéger des risques du tabagisme passif.
Habitat
- Eliminer de manière appropriée les piles et autres produits qui peuvent contenir du cadmium.
- Eviter l’utilisation de certains produits bon marché provenant des pays tiers (ex. bijoux, vaisselles, etc.)
- Enlever les chaussures et vêtements sales (vêtements professionnels ou de jardinage) dans l’entrée de la maison pour éviter de rapporter des poussières de sols extérieurs.
- Utiliser une serpillière humide pour prendre les poussières sur les surfaces et nettoyer les sols. De cette façon vous éliminerez plus de poussières et de polluants par rapport à l’usage seul de l’aspirateur qui rejette les poussières dans l’air. Préférer les aspirateurs équipés de filtres HEPA (filtre à air à haute efficacité).
Opter pour des produits simples, écologiques ou naturels pour l’entretien de la maison, le bricolage (peintures, matériaux, revêtements de sols, …), les cosmétiques, etc.
Hygiène
- Se laver régulièrement les mains, et surtout au retour du jardin et avant les repas pour éliminer la poussière qui colle aux mains.
- Se couper les ongles courts et les nettoyer fréquemment.
Ces conseils sont particulièrement importants pour les enfants qui portent souvent leurs mains à la bouche.
Alimentation
- Limiter la consommation de produits contenant davantage de cadmium comme par exemple les abats, les crustacés et le chocolat.
- Si vous consommez ou avez l’intention de consommer de l’eau issue d’un puits ou d’une source, il est conseillé de faire analyser l’eau par un laboratoire accrédité pour s’assurer que les concentrations en polluants sont compatibles avec l’usage auquel elle est destinée. L’eau contaminée ne doit pas être utilisée pour la boisson, la cuisine, le bain et le jardinage. Une liste de laboratoires agréés est disponible dans notre section "Acteurs agréés"
- Utiliser des vaisselles et ustensile de cuisine de qualité.
Jardinage
Si vous cultivez vos légumes et vos fruits, ou élevez des poules pour leurs œufs, assurez-vous que la qualité du sol de votre jardin est compatible avec ces usages.
Pour en savoir plus :
- Consultez notre page "Potager sur sol pollué"
- Téléchargez la brochure « Mon sol, mon potager et moi»
- Outil SANISOL : https://sanisol.wallonie.be
Lorsqu’un sol est contaminé en Cadmium
- Evitez la consommation des légumes et fruits du potager ou privilégier certains d’entre eux. Les légumes feuilles (épinards, salades, …), les légumes racines (carottes, radis, …) et les aromates (menthe, thym, …) sont généralement plus contaminés par le cadmium que les légumes fruits (tomates, courgettes, …).
- Cultivez en hors sol après contrôle de la qualité de la terre.
- Lavez correctement et éplucher (si possible) les légumes et les fruits avant de les consommer.
- N’emmenez pas les animaux domestiques sur le jardin.
- Placez une couverture végétale sur les surfaces non exploitées.
- Posez des matériaux plus robustes sur les zones fréquemment piétinées.