À la suite des précipitations intenses et très localisées survenues ce dimanche 30 mai dans plusieurs zones de Wallonie, la Région assure un suivi attentif de la situation et invite citoyens et communes sinistrés à entamer rapidement les démarches nécessaires. Réunie ce lundi 1er juin à 12h30, la cellule d’expertise (du CELEX) a fait le point sur cet épisode orageux et sur les perspectives météorologiques pour les prochains jours.
Mise à jour de 16h30
Selon les premières prévisions de l’IRM, un courant perturbé et instable influencera encore notre territoire dans les jours à venir, avec un pic attendu demain. Dès mardi matin, un creux thermique accompagné d’averses orageuses concernera principalement les régions proches de la frontière française. Les cumuls attendus devraient toutefois rester inférieurs à ceux observés samedi, avec des précipitations de l’ordre de 15 à 20 l/m², localement jusqu’à 30 l/m², notamment sur la région namuroise, l’est du Brabant wallon et l’Ardenne. Un risque de grêle subsiste, mais celui-ci devrait être plus localisé et limité.
Du côté du Service hydrologie du SPW, ces précipitations ne devraient pas entraîner d’impact significatif sur les niveaux des cours d’eau principaux. Des phénomènes de ruissellement restent néanmoins possibles. La situation apparaît cependant nettement moins critique que lors de l’épisode précédent, les sols ayant partiellement récupéré leur capacité d’infiltration. Une vigilance particulière est recommandée le long des axes de concentration du ruissellement.
Concernant la distribution d’eau, la SWDE indique que les difficultés rencontrées au captage d’Onoz à Jemeppe-sur-Sambre sont en voie de résolution. Plusieurs villages demeurent néanmoins privés d’eau à ce stade et des solutions alternatives sont déployées. Les autorités communales sont tenues informées de l’évolution de la situation et les citoyens peuvent consulter le site de la SWDE pour toute information complémentaire.
Sur le réseau routier, des perturbations persistent : la N90 reste partiellement ouverte, avec une seule bande praticable dans chaque sens au niveau de Châtelineau.
Enfin, le Service régional des calamités du SPW prendra contact avec les communes les plus touchées afin de les accompagner dans les démarches de demande de reconnaissance ainsi que dans l’identification des biens susceptibles d’être indemnisés.
Mise à jour de 10h30
Des précipitations intenses et très localisées ont fortement touché plusieurs zones de Wallonie ce dimanche 30 mai. La Région suit la situation de près et appelle les citoyens et les communes sinistrés à entamer rapidement les démarches nécessaires.
Des cumuls de pluie exceptionnellement élevés
La cellule d’expertise Orages (du CELEX) s’est réunie ce 31 mai pour analyser l’épisode orageux survenu la veille et évaluer ses conséquences.
Selon les premières données de l’Institut royal météorologique (IRM) et du Service public de Wallonie (SPW), les zones les plus touchées se situent entre l’est de Charleroi, la Basse-Sambre en province de Namur et le sud du Brabant wallon.
Dans ces régions, les cumuls de précipitations sont particulièrement marquants : entre 55 et 75 litres par mètre carré ont été relevés, avec des pointes localisées atteignant 100 à 120 litres. Des chutes de grêle de grande taille (jusqu’à 4 à 5 cm de diamètre) ont également été observées.
Sur le terrain, la situation a été particulièrement tendue, notamment dans la zone de secours Val-de-Sambre, qui fait état de près de 1.000 interventions, dont plusieurs sauvetages de personnes en difficulté dans des eaux en crue.
Une reconnaissance en calamité naturelle à l’étude
Face à ces conditions météorologiques hors normes, le SPW a lancé une procédure visant à reconnaître le caractère exceptionnel de l’événement.
Le CORTEX entame les démarches auprès de l’IRM afin d’évaluer les données et de déterminer si les seuils prévus par le décret Calamités sont atteints, à savoir :
- 35 l/m² en une heure ;
- 70 l/m² sur une période de 24 heures.
Dans ce cadre, la Région wallonne invite les communes touchées à introduire un dossier auprès du Service régional des calamités dans un délai de 21 jours.
👉 La procédure complète est disponible ici : https://interieur.wallonie.be/home/calamites/indemnisations.html
Quels dégâts peuvent être indemnisés ?
En cas de reconnaissance officielle, l’indemnisation concerne principalement les biens dits « non assurables » ou « risques non simples ».
Cela inclut notamment :
- certains véhicules (par exemple, voitures de plus de cinq ans non couvertes par une assurance omnium) ;
- les installations extérieures comme les abris de jardin ;
- les cultures agricoles et les peuplements forestiers.
Pour les biens assurés, la première démarche reste toujours de contacter sa compagnie d’assurance.
Conseils aux citoyens sinistrés
Dans l’immédiat, plusieurs réflexes permettent de faciliter les démarches de remboursement :
- Faire un inventaire précis des dégâts subis ;
- Prendre des photos avant toute évacuation ou nettoyage ;
- Conserver les preuves (factures, objets endommagés si possible) ;
- Noter le temps consacré aux travaux de nettoyage, y compris avec l’aide de proches.
Ces éléments seront utiles tant pour les assurances que pour d’éventuelles procédures d’indemnisation publique.
Une accalmie temporaire avant de nouveaux orages
Les prévisions météorologiques indiquent un retour d’épisodes orageux à partir de mardi.
Ces phénomènes devraient toutefois se caractériser par une mobilité plus importante et des cumuls plus faibles, de l’ordre de 10 à 20 litres par mètre carré.
D’ici là, les conditions devraient permettre aux sols de retrouver une meilleure capacité d’infiltration, notamment grâce à des températures élevées favorisant l’évapotranspiration.
Une vigilance maintenue
La Région wallonne poursuit le suivi de la situation en lien avec les services météorologiques et de secours.
Les citoyens sont invités à rester attentifs aux prévisions et à adopter les bons réflexes en cas d’intempéries.