Après une dizaine de jours très chauds en cette fin de mois de mai 2026, l’orage du samedi 30/05, accompagné de précipitations importantes et localement de grêle, n’aura échappé à personne. Quelles sont les conséquences sanitaires possibles pour nos peuplements forestiers ?
Les grêlons qui sont tombés en plusieurs endroits de Wallonie ont pu atteindre des tailles assez importantes. Les dégâts liés à cet évènement climatique sont mécaniques, lacérant les feuilles – comme pour certains chênes, dont la défoliation est localement due à la grêle de début mai - et créant des blessures au niveau du tronc et des rameaux.
Les blessures provoquées par la grêle constituent une porte d’entrée pour de nombreux pathogènes.

La sensibilité des essences à la grêle varie en fonction des caractéristiques mécaniques du bois, de l’épaisseur de l’écorce ou des capacités de cicatrisation. Voici un tableau reprenant la sensibilité des principales essences wallonnes (d’après les travaux de l’INRAE et du Département Santé des Forêts France).
|
Essences |
Niveau de sensibilité à la grêle |
Facteurs explicatifs principaux |
|---|---|---|
|
Peuplier |
Élevée |
Écorce très fine, bois tendre, cicatrisation moyenne |
|
Hêtre |
Élevée |
Écorce fine, faible protection des tissus, cicatrisation lente |
|
Bouleau, Saule |
Moyenne à élevée |
Bois fragile, rameaux cassants, forte exposition foliaire |
|
Chêne |
Faible |
Écorce épaisse, bonne compartimentation des blessures |
|
Érable, Frêne |
Faible |
Excellente capacité de cicatrisation, forte vigueur |
|
Pins (sylvestre, maritime, pin noir) |
Élevée |
Sensibilité des pousses et aiguilles, forte vulnérabilité aux pathogènes après blessure |
|
Douglas, Cèdres |
Moyenne |
Structure plus résistante mais sensibilité aux impacts selon le stade |
|
Autres résineux |
Variable |
Dépend de l’âge, de la vigueur et de la structure du peuplement |
Les blessures provoquées par la grêle peuvent exposer les tissus internes et perturber le fonctionnement physiologique de l’arbre. Sa capacité à résister aux attaques de ravageurs et pathogènes peut en être réduite. La grêle peut jouer le rôle de facteur déclenchant ou aggravant dans les phénomènes de dépérissements forestiers. Les effets ne sont alors visibles qu’à plus long terme.
Il s’agira donc de conserver cet épisode en mémoire et d’être vigilant dans les mois à venir, afin de surveiller l’apparition de certains problèmes dans les zones touchées par les évènements du 30 mai 2026.