Quand la sécheresse s'installe, les effets ne se limitent pas à quelques pelouses jaunies ou à des cours d'eau plus bas que d'habitude. L'eau est au cœur de nombreux équilibres naturels et de nombreux usages du quotidien. Comprendre son rôle permet de mieux comprendre pourquoi les autorités appellent aujourd'hui à en faire un usage raisonné.
Une ressource sous pression
La sécheresse reste bien présente en Wallonie. Malgré quelques faibles précipitations, les niveaux des cours d'eau continuent de diminuer et plusieurs régions connaissent des conditions extrêmement sèches. Les prochaines pluies annoncées devraient rester limitées et ne suffiront probablement pas à inverser la tendance.
Cette baisse des niveaux d'eau a des conséquences bien réelles sur les ressources utilisées au quotidien, les milieux naturels et certaines activités de loisirs.
Une ressource à préserver
Même si l'alimentation en eau potable est actuellement assurée, les installations de production et de distribution d'eau sont fortement sollicitées. Les distributeurs d'eau constatent une augmentation des consommations tandis que les effets de la sécheresse se prolongent.
Plusieurs communes wallonnes ont déjà adopté des mesures de restriction de certains usages de l'eau et les appels à une utilisation raisonnée de la ressource se renforcent.
L'objectif est d'éviter les consommations non essentielles à un moment où la ressource est particulièrement sollicitée.
Une ressource essentielle pour de nombreux usages
L'eau est indispensable à bien plus que notre consommation quotidienne. Elle est également nécessaire aux loisirs, à l'agriculture, à certaines activités économiques ainsi qu'au bon fonctionnement des écosystèmes.
Les effets de la sécheresse sont déjà visibles sur le terrain. À Nisramont, la navigation et les activités sur le lac restent interdites en raison du faible niveau d'eau. Plusieurs tronçons de cours d'eau demeurent également fermés aux kayaks et autres embarcations de loisirs.
Le risque d'incendie reste par ailleurs élevé en Wallonie, tant en milieux ouverts qu'en milieux forestiers.
L'eau fait vivre les cours d'eau et la biodiversité
Les rivières et les ruisseaux dépendent des précipitations pour maintenir leur niveau et leur débit. Lorsque les pluies se font rares pendant plusieurs semaines, les cours d'eau s'abaissent progressivement.
Les milieux aquatiques deviennent alors plus fragiles. Les poissons disposent de moins d'espace pour se déplacer et certaines espèces sont davantage exposées au manque d'oxygène, à la hausse de la température de l'eau et au stress lié à la sécheresse.
C'est notamment pour préserver ces écosystèmes que l'interdiction temporaire de la pêche reste en vigueur dans de nombreux cours d'eau wallons.
Une eau plus rare, mais aussi plus sensible
Les faibles niveaux d'eau et les températures élevées favorisent le développement de cyanobactéries, parfois appelées « algues bleues ». Certaines peuvent produire des substances nocives pour l'être humain et les animaux.
Plusieurs sites de baignade sont actuellement concernés par des interdictions ou des restrictions liées à ce phénomène, notamment le lac de Bambois, le lac de Chérapont à Gouvy et le plan d'eau de la Marlette à Seneffe.
En présence d'une eau colorée, d'écume ou de mousse, il est recommandé d'éviter la baignade ainsi que tout contact avec l'eau, y compris pour les animaux domestiques.
Chacun peut contribuer
Quelques gestes simples permettent de participer à cet effort collectif :
- se renseigner sur les éventuelles restrictions en vigueur dans sa commune ;
- éviter les consommations d'eau non essentielles ;
- privilégier l'utilisation de l'eau de pluie lorsque cela est possible ;
- réparer rapidement les fuites ;
- utiliser l'eau avec parcimonie au quotidien ;
- respecter les mesures de prévention des incendies dans les espaces naturels.
Préserver l'eau aujourd'hui, c'est contribuer à protéger les cours d'eau, la biodiversité, les activités qui dépendent de cette ressource et l'approvisionnement de tous. Chaque goutte compte.