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Concepts hydrogéologiques abordés par la carteLa lecture et l'interprétation d'une carte hydrogéologique nécessite une bonne compréhension des définitions et des principes utilisés pour leur conception. Ce document reprend brièvement les notions de base de l'hydrogéologie. Son plan est le suivant :
I. CLASSIFICATION HYDROGEOLOGIQUE
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Figure 2 : évolution piézométrique de la nappe de Hesbaye au puits de Viemme |
Les critères piézométriques sont utilisés pour différencier les nappes libres des nappes captives.
Dans une nappe libre, la surface piézométrique peut, en fonction des conditions climatiques et de la recharge de la nappe par les précipitations, fluctuer " librement " dans la formation aquifère considérée car celle-ci s'étend au-dessus de la surface piézométrique (figure 3).
Figure 3 : coupe hydrogéologique dans la région de Dinant
Carte hydrogéologique Hastière-Dinant
Le Condroz se caractérise par la présence de nappes libres logées au sein des aquifères des calcaires dinantiens
ou des grès famenniens. Le niveau piézométrique des nappes est souvent plus rabattu dans les calcaires que dans les grès,
ces derniers ayant une plus faible perméabilité.
Dans une nappe captive, la formation aquifère est surmontée d'une couche imperméable. Son niveau piézométrique s'équilibre systématiquement au-dessus du toit de la formation aquifère (figure 4).
Parfois, le niveau piézométrique est supérieur à la cote altimétrique du sol créant, si une connexion est établie (notamment par forage), un phénomène d'artésianisme.
Le terme de nappe semi-captive est utilisé lorsque l'aquifère est surmonté d'une couche de plus faible perméabilité ou semi-perméable.
Figure 4 : coupe hydrogéologique dans la région de Meix-devant-Virton
Carte hydrogéologique Meix-devant-Virton - Virton, ULg.
En Gaume, le substratum est constitué par des formations du Secondaire où alternent des dépôts de marnes (aquicludes) avec des
formations calcaires ou gréseuses (aquifères). Dans le sud-est de la coupe, l'aquifère de Florenville est " coincé "
entre les aquicludes de Jamoigne (en dessous) et d'Arlon (au dessus); le caractère captif est observé dès que le niveau piézomé
Outre la nature de la formation géologique (sable, grès, calcaire, ...), la cohérence de la roche permet de distinguer, les nappes suivantes :
La productivité d'un puits foré dans les aquifères de fissures peut être très variable suivant la densité de fissures recoupées. La présence d'une forte fissuration peut-être détectée par différentes méthodes : observations géomorphologiques, prospections géophysiques, ...
Les nappes perchées sont généralement de faible extension et situées très au-dessus des nappes régionales profondes dont elles sont isolées par des formations imperméables (figure 5). Ce sont des nappes de faible capacité présentant de fortes variations saisonnières du niveau piézométrique.
Figure 5 : coupe hydrogéologique dans la région de Meix-devant-Virton
Carte hydrogéologique Meix-devant Virton - Virton., ULg.
Dans la région de Le Ma (flèche bleue), l'aquifère d'Aubange et Messancy, localisé au droit d'un sommet topographique
et limité en profondeur par l'aquiclude d'Ethe, constitue une nappe dite " perchée ".
Les nappes alluviales sont localisées dans des aquifères situés dans le fond des vallées. Ils sont constitués de sédiments déposés par les rivières (figure 6). Ces nappes ont des perméabilités et des porosités très variables en fonction de la granulométrie des alluvions; plus la granulométrie est grossière (sables, graviers, galets, ...) et bien classée, plus l'aquifère présente une bonne capacité d'exploitation. La différence de cote piézométrique entre le niveau de la rivière et celle de la nappe aquifère détermine les échanges de flux : la rivière est drainante lorsque son niveau est inférieur à celui de la nappe et infiltrante dans le cas contraire. Le caractère drainant ou infiltrant d'une rivière peut varier selon les conditions saisonnières.
Figure 6 : nappe alluviale de la Meuse à l'aval de Liège
D'après Haerens B., 1999.
La nappe alluviale est localisée dans les graviers.
Le canal Albert peut être considéré comme infiltrant, la Meuse comme drainante.
Dans cette région, la nappe alluviale est captive sous les dépôts de terre et de limon.
La capacité d'une formation géologique à contenir de l'eau dépend de sa porosité totale (P) définie par le rapport entre le volume des vides (Vv) et le volume total (Vt) soit P = .
Dans le sol et le sous-sol, les vides peuvent être totalement remplis d'eau (milieu saturé) ou partiellement (milieu non saturé). La teneur en eau est le rapport entre le volume d'eau et le volume du milieu considéré tandis que le degré de saturation est le rapport entre le volume d'eau et le volume des vides du milieu considéré.
La porosité efficace correspond au rapport du volume d'eau contenue dans un matériau pouvant être libérée sous l'effet de la gravité, au volume total du milieu qui la contient. L'eau restée piégée par adsorption dans le matériau est appelée l'eau de rétention et définit ainsi la capacité de rétention du matériau (figure 7).
Les trois facteurs principaux de la porosité efficace sont le diamètre des grains, l'arrangement et l'hétérogénéité de la taille des grains (figure 7). La surface spécifique des grains influence également la porosité efficace. C'est le cas pour les argiles qui, par leur surface spécifique plus grande, peuvent retenir plus d'eau par adsorption capillaire ; elles ont donc une faible porosité efficace mais une forte capacité de rétention.
Figure 7 : schématisation de l'influence de la taille et
de l'agencement de grains sur la porosité
Diagramme d'Eckis dans Landry B. et Mercier M., 1992
Il existe différents types de porosité :
Figure 8 : schématisation du phénomène de double porosité en milieu fissuré
Hallet V., FUNDP
Le coefficient d'emmagasinement est le rapport du volume d'eau libéré ou emmagasiné, par unité de surface de l'aquifère sous l'action d'une variation unitaire de charge hydraulique (somme de la hauteur de la surface piézométrique et de la charge hydrostatique en un point). Dans une nappe, le coefficient d'emmagasinement est utilisé pour caractériser plus précisément le volume d'eau exploitable, il conditionne l'emmagasinement de l'eau souterraine mobile dans les vides du réservoir.
Dans une nappe libre, le coefficient d'emmagasinement dépend principalement de la porosité efficace (phénomène de drainage gravitaire) ; dans une nappe captive il s'agit plutôt d'un processus d'expulsion d'eau liée à une variation de pression.
La conductivité hydraulique (ou coefficient de perméabilité) est la capacité d'un matériau à laisser passer l'eau et donc à permettre un écoulement ; cet écoulement nécessite une continuité entre les vides. La conductivité hydraulique définit l'effet de la résistance à l'écoulement dû aux forces de frottement. Ces dernières sont fonction des caractéristiques de la matrice solide et de la viscosité du fluide. La conductivité hydraulique est déterminée par expérimentation soit au laboratoire, soit directement sur le terrain par des essais de pompage réalisés dans des puits de production ou de piézomètres.
Par exemple, le débit s'écoulant au travers de la section d'une nappe aquifère comprise entre deux couches imperméables peut être estimé à partir de la loi de Darcy (figure 9) :
avec
Q : débit en m³/s ;
K : conductivité hydraulique (m/s) dépendant du matériau poreux ;
A : section considérée de l'aquifère (m²)avec ∆h : différence de hauteur d'eau entre l'amont et l'aval (m);
e : épaisseur de l'aquifère (m)
w : extension latérale de l'aquifère (m)
L : distance entre le point amont et le point aval (m).
Figure 9 : schématisation de l'écoulement dans une nappe captive
Hallet V., FUNDP
La conductivité hydraulique des roches meubles est fortement influencée par la granulométrie et l'hétérogénéité des particules (figure 10). Dans les roches cohérentes, quasi imperméables quelque soit leur nature, c'est le degré de fissuration et d'altération qui détermine la conductivité. Dans les calcaires, les processus de corrosion peuvent également favoriser l'écoulement jusqu'à générer la formation de karsts.
Figure 10 : valeurs de conductivité hydraulique (en m/s) pour diverses formations meubles
Remarquons que, même si la loi de Darcy est très souvent utilisée dans le domaine de l'hydrogéologie, elle ne s'applique qu'à des conditions assez restreintes : milieu homogène, écoulement laminaire, composante verticale de la vitesse négligeable, ...
La compréhension des processus de transport de polluant dans un aquifère est primordiale pour une bonne gestion qualitative des ressources en eau. Les principaux processus de transport de substances miscibles sont repris à la figure 11.
Figure 11 : schématisation des processus de transport
de substances dissoutes en milieu souterrain
D'après Biver P., 1993.
Les processus de transport d'une substance miscible en milieu souterrain sont :
Figure 12 : schématisation du processus de dispersion mécanique
D'après Fetter C., 1999.
Les processus de transport de substances en milieu souterrain sont étudiés à partir d' " essais de traçage ". Un essai de traçage (figure 13) consiste à injecter un traceur en un point (puits, piézomètre, perte en milieu karstique, ...) et à mesurer en un point de captage ou d'émergence (source, galerie, résurgence, ...) l'évolution de la concentration de ce traceur au cours du temps.
Figure 13 : exemple de traçage (Bovenistier : aquifère des craies de Hesbaye)
D'après Hallet V., 1999
Une courbe de restitution (figure 14) est ainsi obtenue; son interprétation permet de comprendre les mécanismes et de définir les paramètres de transport d'une substance dans une nappe aquifère.
Figure 14 : Exemples de courbe de restitution
D'après Hallet V., 1999
La courbe de restitution présente l'évolution, en fonction du temps, du traceur à un point de
prélèvement. La première arrivée et le temps modal informe sur les processus de convection,
l'étalement de la courbe sur les processus de dispersion et la décroissance de la courbe sur
les effets de retard. La courbe supérieure est caractéristique d'un système où tous les
paramètres énumérés ci-dessus
sont présents, la courbe inférieure est caractéristique d'un
système principalement convectif (pic étroit, décroissance rapide). Ces deux courbes
proviennent de traçages réalisés dans les craies de Hesbaye au droit d'un même site. Elles
illustrent la forte hétérogénéité du milieu souterrain, particulièrement en ce qui concerne les
roches cohérentes.
La gestion des nappes aquifères consiste à quantifier les flux d'eau qui transitent dans un espace délimité. L'espace considéré est soit le bassin versant (également appelé bassin hydrographique) soit le bassin hydrogéologique.
Le bassin versant ou hydrographique est localisé par les lignes de crêtes topographiques qui délimitent les directions d'écoulement des eaux superficielles soit vers le bassin considéré soit vers son voisin.
Un bassin hydrogéologique est une partie d'un aquifère dans lequel les eaux souterraines s'écoulent vers un même exutoire ou groupe d'exutoires; il est délimité par les crêtes de partage des eaux souterraines qui, à l'encontre de celles des bassins hydrographiques peuvent être migrantes dans le temps en fonction des saisons ou des périodes de basses eaux ou de hautes eaux (Figure 15). Si le bassin hydrogéologique est indépendant de la topographie, il reste fortement influencé par le cadre géologique et structural d'une région.
Figure 15 : Distinction entre bassins hydrographique et hydrogéologique
D'après Hallet V., 1999
La limite hydrogéologique de la partie Sud de la nappe aquifère de Hesbaye est décalée de
l'ordre de 1 km vers le sud par rapport à la limite hydrographique. La position de la limite
hydrogéologique peut également varier dans le temps en fonction des conditions de hautes ou
de basses eaux.
Le cycle de l'eau (figure 16) schématise les échanges de flux d'eau sous forme de vapeur, de liquide ou de neige à la surface des océans et des continents, mais également, pour ces derniers, dans le milieu souterrain. Le cycle de l'eau peut être quantifié à partir d'un bilan hydrogéologique.
Figure 16 : exemple du cycle de l'eau au droit de la nappe aquifère de Hesbaye
Le calcul du bilan hydrogéologique nécessite la connaissance de nombreux paramètres météorologiques tels que les précipitations, les températures, les vitesses du vent, le degré d'humidité de l'air, le débit des rivières, ...
Pour l'hydrogéologue, les potentialités en eau d'une région peuvent être estimées à partir du calcul des précipitations efficaces (PE). Elles sont égales aux précipitations (P) moins l'évapotranspiration réelle (ETR).
PE = P - ETR
L'ETR est estimée en comparant les quantités de précipitation par rapport à l'évapotranspiration potentielle (ETP) et en tenant compte de la présence, dans le sol, d'une réserve d'eau utilisable par les plantes.
L'ETP est un des paramètres importants dans le calcul du bilan. C'est la quantité maximale d'eau évapotranspirée par une surface d'eau ou par la végétation lorsqu'il y a 100 % de disponibilité en eau. Dans la réalité, dans les régions chaudes ou en été dans nos régions, la disponibilité en eau est souvent trop faible par rapport à l'ETP : les plantes doivent alors puiser dans les réserves en eau du sol et l'évapotranspiration réelle (ETR) est alors plus faible que l'ETP. Pour le calcul de l'ETP, il existe de très nombreuses formules utilisant divers paramètres (température, vitesse du vent, insolation, ...).
Les précipitations efficaces représentent la quantité d'eau qui soit ruisselle à la surface du sol, soit s'infiltre pour recharger une partie du sol puis les nappes aquifères. Dans nos régions, les précipitations efficaces sont faibles sinon nulles entre les mois de mai et d'octobre. En conséquence, la recharge des nappes aquifères se fait uniquement en automne et en hiver (figure 17). C'est pourquoi, dans notre pays, ce sont les conditions météorologiques hivernales qui conditionnent la recharge des nappes et donc les ressources en eau souterraine.
Figure 17 : exemple de calcul des précipitations efficaces pour la nappe de Hesbaye
Année 1993 (année sèche)
D'après Hallet V., 1999
Si le calcul des pluies efficaces renseigne sur les potentialités de recharge (pour autant que le ruissellement ait été estimé), la bonne gestion d'une nappe passe par le calcul d'un bilan réalisé soit à l'échelle du bassin hydrographique soit à l'échelle du bassin hydrogéologique.
A l'échelle du bassin hydrographique, le bilan, qui tient compte des différents paramètres du cycle de l'eau, s'écrit :
avec :
Le terme de fermeture est souvent utilisé pour quantifier les flux d'eau souterraine vers ou à partir de bassins hydrographiques voisins et donc de confirmer ou non l'unicité entre le bassin hydrographique et hydrogéologique.
Pour une bonne gestion des ressources, il faut éviter que, le terme de droite (sortie) ne devienne supérieur aux précipitations (entrée). L'exploitation d'une nappe aquifère modifie le bilan et aura des conséquences soit sur le débit des rivières soit sur les variations des réserves de la nappe. L'exploitation d'une nappe aquifère nécessite donc une gestion optimale en veillant à ce que le débit des rivières reste suffisant notamment durant l'étiage tout en évitant d'épuiser les réserves de la nappe.
Une surexploitation de nappe entraîne un rabattement du niveau piézométrique qui aura pour conséquence une diminution du débit des rivières (principalement à l'étiage et donc une diminution de la qualité des eaux de surface), un tarissement des puits et des sources, des effets de compaction de sol, ...
La Directive européenne 2000/60/CE, appelée "Directive Cadre sur l’eau" 5 impose aux Régions de mettre en place un réseau de surveillance et d'évaluer l'état quantitatif et qualitatif des masses d'eau souterraine. Dans ce contexte législatif, le calcul du bilan hydrogéologique est une nécessité. La collecte des données nécessaires au calcul du bilan hydrogéologique nécessite une approche interdisciplinaire.
Les donnés météorologiques sont principalement collectées par l'Institut Royal Météorologique (IRM)6 et par le Ministère de l'Equipement et des Transport (MET) et plus particulièrement le SETHY (Service d'Etudes Hydrologiques) de la Direction Générale des Voies Hydrauliques7. Les paramètres colletés varient selon les stations (figure18) : précipitations, températures, humidité de l'air, vitesse du vent, insolation, ...
Figure 18 : station météorologique de Rochefort
Photo V. Hallet, FUNDP.
5 http://environnement.wallonie.be/directive_eau/
6 http://www.kmi.be
7 http://voies-hydrauliques.wallonie.be
Les débits des rivières (figure 19) sont mesurés par le SETHY qui gère les cours d'eau navigables (mais dispose également de stations sur les cours d'eau non navigable) et par le Ministère de la Région Wallonne et plus particulièrement la Direction des cours d'eau non navigables8 de la Direction Générale des Ressources Naturelles et de l'Environnement (DGNRE).
Figure 19 : station limnigraphique du SETHY sur la Molignée
Photo G. Rochez, FUNDP.
La Direction des eaux souterraines de la DGRNE possède une banque de donnée qui reprend l'ensemble des puits déclarés tant par les sociétés que par les particuliers9.
La législation impose à tout producteur d'eau de déclarer les volumes prélevés annuellement. Ces données sont centralisées à la Direction des eaux souterraines10 de la DGRNE.
8 http://mrw.wallonie.be/dgrne/aqualim
9 http://environnement.wallonie.be/cartosig/pg_menu/webgis_internet.asp
10 http://environnement.wallonie.be/
A l'échelle d'un bassin versant, la surveillance d'une nappe et de ses réserves passe par des mesures du niveau de la surface libre de la nappe. Ces mesures se font à partir de puits (en dehors des phases de pompage) et de piézomètres (puits non équipés de faible diamètre permettant de mesurer le niveau d'une nappe et/ou de contrôler sa qualité chimique ; figure 20). Ces mesures permettent de vérifier l'évolution saisonnière et à long terme du niveau d'une nappe (voir figure 2), information qui renseigne sur la nature de l'aquifère (conductivité hydraulique, porosité), sa profondeur, son degré de karstification pour les formations calcaires, sa vulnérabilité,... Une décroissance constante du niveau piézométrique est un indicateur de surexploitation.
Figure 20 : Exemple de piézomètre
Photo F. Dossin, FUNDP.
La variation des réserves d'une nappe peut également être estimée à partir des mesures du débit des rivières, notamment lors des périodes de tarissement.
Lorsqu'un aquifère est suffisamment connu, sa bonne gestion doit être associée à la réalisation d'un modèle mathématique. De nombreux logiciels permettent de simuler les processus d'écoulement et de transport d'une nappe. Une fois ces modèles calibrés et validés, les gestionnaires peuvent simuler différents scenarii d'exploitation de la nappe et vérifier ainsi, à courts ou à longs termes les effets de nouveaux pompages, de changements climatiques, ... sur les ressources en eau souterraine. Ces modèles sont utilisés tant dans la gestion quantitative que qualitative des nappes.
Outre la bonne gestion quantitative des nappes, il convient, suite aux très nombreuses pressions anthropiques, quelles soient diffuses (agriculture) ou ponctuelles (rejets d'égouts, fuites de citerne, ...), de vérifier leur qualité présente et d'en prévoir l'évolution à plus ou moins long terme.
La caractérisation et le diagnostic de qualité d'une eau souterraine passe par des prélèvements réguliers d'échantillons d'eau au droit des captages, puits, piézomètres, sources, ... et l'analyse de différents paramètres bio-physico-chimiques. Si certains éléments chimiques permettent de caractériser l'aquifère (lithologie), d'autres éléments sont liés à des contaminations anthropiques (nitrates, pesticides,...). Certains éléments, tels que les nitrates, sont d'excellents indicateurs quant aux pressions qualitatives exercées sur les nappes.
L'interprétation des données doit toujours être réalisée avec prudence car la qualité d'une eau souterraine peut dépendre de nombreux facteurs :
Figure 21 : évolution des teneurs en nitrates en fonction de la profondeur de prélèvement (nappe aquifère de Hesbaye)
D'après Hallet V., 1999
Prélevés au droit d'un même site mais dans trois piézomètres creusés et équipés à
des profondeurs différentes, les échantillons provenant de la surface de la nappe
(9 à 15 m) présentent une concentration en nitrates de l'ordre de 45 mg/l, de 30
mg/l
pour les échantillons prélevés à mis hauteur(16 à 26 m) et de 20 mg/l pour
ceux prélevés à la base de l'aquifère (30 à 40 m).
Figure 22 : évolution saisonnière de la teneur en nitrates
dans un puits de Hesbaye
D'après Hallet V., 1999
La remontée du niveau de la nappe observée de janvier à mai 1995 s'accompagne
d'une augmentation très nette des concentrations en nitrates (de 40 à 120 mg/l) ;
lors du la période de rabattement, les teneurs en nitrates décroissent pour
atteindre à nouveau les 40 mg/l.
La présence des éléments dissous dans l'eau d'une nappe aquifère est directement influencée par la nature des roches qui la contiennent. Les concentrations peuvent être un indicateur du temps de transfert ou de séjour de l'eau dans la nappe. Les éléments systématiquement présents dans les eaux naturelles en quantités relativement importantes sont appelés " éléments majeurs ". Il s'agit principalement des éléments ou groupements suivants :
Une analyse chimique de ces éléments permet de classifier les eaux souterraines. Grâce à la méthode du diagramme de Piper (1944), les eaux d'origine différente sont aisément différenciées (figure 23).
Figure 23 : diagramme de Piper montrant les différents types d'eau
Tiré de Fetter, 2001.
Un exemple de classification appliquée à la région de Modave (Condroz) est présenté à la figure 24.
Figure 24 : classification hydrochimique des eaux de la région de Modave.
Tiré de la carte hydrogéologique Modave-Clavier, ULg.
Les eaux de cette région du Condroz sont toutes de types bicarbonatées calciques.
Néanmoins, les eaux en provenance des shales du Namurien se caractérisent par une plus
forte teneur en sulfate (présence de pyrite dans les formations géologiques) et les eaux des
grès du Famennien sont proportionnellement plus riches en sodium et en potassium.
Des données plus locales peuvent être obtenues dans les livrets explicatifs des cartes hydrogéologiques ou, de manière plus générale, sur le site de la DGRNE - Etat des nappes d'eau souterraines11.
11 http://environnement.wallonie.be
Outre les éléments naturellement présents dans l'eau, d'autres peuvent avoir une origine anthropique. Ces contaminations sont soit diffuses (liées principalement à l'agriculture) soit ponctuelles (rejets d'égouts ou d'industries, décharges, fuites de citerne à mazout, ...). Elles concernent tant les contaminations chimiques (nitrates, pesticides, solvants, ...) que bactériologiques.
Les concentrations en ces différents éléments font l'objet d'un suivi régulier12, 13 tant au droit des captages dont l'eau est destinée à la distribution publique, qu'en certains points du réseau de surveillance mis en place par la Région wallonne.
12 http://environnement.wallonie.be/eew/
13 http://environnement.wallonie.be/de/eso/atlas/
En fonction du contexte hydrogéologique, l'exploitation d'une nappe aquifère peut se faire :
Quelque soit la méthode utilisée, il est nécessaire de respecter certaines règles élémentaires en matière de législation dans la réalisation et l'aménagement de la prise d'eau. Ces règles ont pour objectif une protection optimale tant du captage que de la nappe aquifère sollicitée.
Depuis la date d'entrée en vigueur du Code de l'eau, toute la législation relative à l'eau a intégré les anciens textes réglementaires (décrets et articles).
Depuis le 1er octobre 2002, les forages destinés à une prise d'eau ainsi que la prise d'eau souterraine elle même sont soumis à un permis d'environnement ou à déclaration. Les versions officieuses des textes réglementaires sont présentées sur le site portail de la Direction générale des Ressources naturelles et de l'Environnement à l'adresse : http://environnement.wallonie.be, dans la partie " permis et prévention ", section " législation ", sous le thème " permis d'environnement ".
L'arrêté du Gouvernement wallon du 4 juillet 2002 contient la liste des installations et activités classées.
La rubrique 45.12.02 verse les forages destinés à une prise d'eau en classe 2. La demande de permis doit être déposée à la commune où se situera le puits au moyen des formulaires adéquats qui peuvent être téléchargés à l'adresse :
http://formulaires.wallonie.be/p004360_122.htm#anchor58. Il convient de compléter le formulaire général de l'annexe I et le formulaire spécifique aux forages de l'annexe XVIII.
La rubrique 41.00 classe les captages. Selon l'usage et le volume présumé qui sera prélevé, la prise d'eau est en classe 2 ou 3. Les petites prises d'eau de moins de 10 m³/jour et 3 000 m³/an, c'est à dire de manière générale les prises d'eau exploitées par des particuliers ou des agriculteurs sont de classe 3. Dans ce cas, la prise d'eau doit simplement être déclarée à la commune au moyen du formulaire de l'annexe IX.
Les autres prises d'eau souterraine sont en principe soumises à permis (classe 2). Il faut alors déposer la demande à la commune au moyen des formulaires de l'annexe I (général) et de l'annexe III (prise d'eau souterraine).
Signalons pour terminer que quelques prises d'eau sont en classe 1, ce qui impose une étude d'incidence avant l'obtention du permis. Il faut pour cela qu'elles prélèvent plus de 10 millions de m3/an.
Le captage par puits nécessite la réalisation d'un forage dont le diamètre sera établi en fonction du débit d'exploitation espéré, de la profondeur de la nappe, de la distance et hauteur de refoulement de l'eau pompée, ... La profondeur du forage tiendra compte des conditions hydrogéologiques régionales : cote piézométrique de la nappe, variation saisonnière du niveau, ...
Le choix du site de forage doit tenir compte de critères variés : accessibilité, propriété du sol, ... mais surtout du contexte hydrogéologique. Dans une même unité aquifère, la productivité d'un puits, notamment dans les roches cohérentes, peut être très variable selon sa localisation. En effet, à quelques mètres près, le forage peut recouper une zone fracturée et donc productive ou rester dans une roche compacte quasi imperméable. Une étude préliminaire (géologique, géomorphologique, géophysique, ...) permet de mieux positionner le site de forage et ainsi d'augmenter la probabilité de réussite.
Le forage doit ensuite être équipé. L'équipement doit impérativement respecter les règles élémentaires nécessaires à la protection du puits et donc de la nappe en évitant tout risque d'infiltration des eaux de surface. L'équipement du puits (figure 25) consiste en la mise en place d'un tubage crépiné (= perforé) au droit de la zone saturée de l'aquifère surmonté d'un tube aveugle. Autour de la crépine un massif filtrant de graviers roulés devra être mis en place. Ce dernier sera surmonté d'un bouchon d'argile de 1 à 2 mètres d'épaisseur. L'espace annulaire entre le sommet du bouchon et la surface sera comblé par un coulis de ciment.
La partie superficielle du puits est protégée par un tubage de surface en acier et une margelle.
Figure 25 : schéma d'équipement d'un puits.
D'après V. Hallet
Après équipement, il est fortement recommandé de réaliser un essai de pompage. Un essai de pompage consiste à pomper à débit constant durant une période suffisamment longue et à mesurer dans le puits l'évolution du rabattement puis la remontée de l'eau en fin de pompage.
Les buts d'un pompage d'essai sont de :
Il convient de distinguer la capacité d'un puits et la capacité d'un aquifère. Un puits peut fournir de gros débits alors que la nappe est limitée par son extension, le volume d'eau annuel réalimentant la nappe, ...De même, un puits peut avoir une faible capacité parce qu'il est mal localisé (zone de roche compacte) alors que l'aquifère a un potentiel important.
Les captages gravitaires se font à partir de galerie ou d'une source captée. Les galeries de drainage peuvent avoir une taille de l'ordre de 1,5 m de large sur 2 m de haut et s'étendre sur plusieurs kilomètres. Leur avantage consiste dans le fait qu'elles ont une grande surface de drainage augmentant ainsi la probabilité de recouper des zones de fissures. De nombreuses galeries (figure 26) ont par ailleurs été conçues afin d'acheminer l'eau vers les réseaux de distribution d'eau uniquement par gravité (Liège : galerie de Hesbaye, Bruxelles : galerie de Modave). Dans certains contextes hydrogéologiques (grès famenniens, sables bruxelliens..), les eaux sont captées par un réseau de drains, tuyaux crépinés de petits diamètres et de longueurs variables (quelques mètres à une centaine de mètres).
Figure 26 : exemple des galeries captantes de Modave (CIBE).
Source : CIBE
D'extension plus limitée, le captage de sources est toujours une technique utilisée de nos jours (figure 27).
Figure 27 : émergence de la source Tridaine à Rochefort
Photo Hallet V., FUNDP
Suite au développement économique, les ressources en eaux souterraines sont de plus en plus sollicitées et en même temps soumises à des pressions environnementales qui menacent leur qualité. La Région Wallonne a mis en place une législation qui concerne la réalisation de nouvelles prises d'eau et de protection des eaux14.
De manière plus particulière, des périmètres de protection sont mis en place. L'extension de ces périmètres est définie en fonction du temps de transfert d'un polluant fictif dans la partie saturée de la nappe.
La législation wallonne (Code de l'eau, chapitre III, section2, sous-section3, articles R. 157 à R. 161) définit quatre zones distinctes (figure 28) :
Figure 28 : schématisation des zones de prévention.
Source : http://environnement.wallonie.be/de/eso/atlas/
14 http://environnement.wallonie.be/
La zone de prise d'eau est délimitée par une ligne située à une distance de dix mètres des limites extérieures des installations en surface strictement nécessaires à la prise d'eau.
La zone IIa est comprise entre le périmètre de délimitation de la zone de prise d'eau et une ligne située à une distance de l'ouvrage de prise d'eau correspondant à un temps de transfert de l'eau souterraine jusqu'à l'ouvrage égal à 24 heures dans le sol saturé.
A défaut de données suffisantes permettant de définir la zone IIa selon le critère des temps de transfert, la législation suggère de délimiter la zone IIa par une ligne située à une distance horizontale minimale de 35 m à partir des installations de surfaces, dans le cas d'un puits, et par deux lignes situées à 25 m au minimum de part et d'autre de la projection en surface de l'axe longitudinal dans le cas d'une galerie.
En milieu karstique, tous les points de pénétration préférentiels (doline et perte) dont la liaison avec le captage est établie sont classés en zone IIa.
La zone IIb est comprise entre le périmètre extérieur de la zone IIa et le périmètre extérieur de la zone d'appel de la prise d'eau.
Le périmètre extérieur de la zone IIb ne peut être situé à une distance de l'ouvrage supérieure à celle correspondant à un temps de transfert de l'eau souterraine jusqu'à l'ouvrage de prise d'eau égal à 50 jours en zone saturée.
A défaut de données suffisantes permettant la délimitation de la zone IIb suivant les principes définis ci avant, le périmètre de cette zone est distant du périmètre extérieur de la zone IIb de :
La zone de surveillance englobe l'entièreté du bassin versant et du bassin hydrogéologique situé à l'amont du point de captage.
La législation wallonne a défini diverses mesures de prévention à prendre dans les quatre zones de protection définies ci-dessus. Ces mesures concernent notamment l'utilisation et le stockage de produits dangereux, d'engrais ou de pesticides, les puits perdus, les nouveaux cimetières, les parkings,... Elles visent à réduire au maximum les risques de contamination de la nappe.
Pour financer les recherches relatives à la délimitation des zones de prévention et indemniser tout particulier ou toute société dont les biens doivent être mis en conformité avec la législation, les prises d'eau potabilisables sont subordonnées soit au paiement d'une redevance de 0,0744 € par mètre cube produit, soit à la conclusion d'un contrat de service de protection de l'eau potabilisable avec la S.P.G.E..
Le site "http://environnement.wallonie.be/zones_prevention/ " permet, grâce à une recherche rapide par commune ou par producteur d'eau, de visualiser, soit la carte et le texte des zones officiellement désignées par arrêté ministériel, soit la carte de chaque zone actuellement soumise à l'enquête publique. Une synthèse est présentée sous forme de carte (figure 29) sur le site http://environnement.wallonie.be/de/eso/atlas/pdf/c4_1c_a3.pdf.
Figure 29 : carte de localisation des zones de prévention arrêtées.
Outre les zones de prévention délimitées aux alentours des captages, une politique plus large liée à la protection des nappes est en cours d'élaboration. Cette politique consiste à :
Les nitrates font, depuis plusieurs années, l'objet de contrôles réguliers de la part des sociétés de distribution d'eau. La norme européenne est de 50 mg/l de NO3- au maximum.
Afin de limiter les apports (essentiellement agricoles) en nitrates, des zones vulnérables ont été délimitées. Elles sont établies afin de protéger les eaux de surface et les eaux souterraines contre la pollution par les nitrates. La figure 30 reprend les cinq zones vulnérables aux nitrates définies par la Région Wallonne (http://environnement.wallonie.be/) :
Figure 30 : localisation des zones vulnérables
Source : RW - DGRNE
Ces zones sont destinées à permettre une meilleure gestion et une limitation des apports en nitrates d'origine agricole, susceptibles de contaminer les nappes contenues dans le sous-sol.
Les textes légaux relatifs aux zones vulnérables peuvent être consultés sur le site http://wallex.wallonie.be en cliquant sur " recherche thématique " - eau - protection de l'eau - eau souterraine et eau potabilisable.
Dans le cadre de la problématique de la contamination des eaux par les nitrates d'origine agricole, l'association sans but lucratif Nitrawal15 a pour objet d'accompagner les agriculteurs dans leur démarche pour protéger les ressources en eau de la pollution par le nitrate. Elle étend son action à l'ensemble de la Wallonie, en accordant la priorité aux zones vulnérables et aux zones à contraintes environnementales particulières.
Les zones de surveillance comprennent le bassin d'alimentation et le bassin hydrogéologique susceptibles d'alimenter une zone de prise d'eau existante ou éventuelle.
Dans la mesure du possible, les limites des zones de prévention et de surveillance doivent suivre des tracés naturels ou artificiels, aisément identifiables.
Quatre zones de surveillance sont actuellement définies (télécharger la Carte au format pdf):
L'extension des zones de surveillance et les mesures de protection de la nappe aquifère concernée sont consultables sur le site de la Région wallonne : http://environnement.wallonie.be/legis/.
La très grande diversité des conditions géologiques rencontrées en Wallonie engendre que certains aquifères sont plus vulnérables à tout type de contamination. La réalisation de cartes de vulnérabilité des nappes aquifères wallonnes permettrait une meilleure gestion de l'occupation du sol.La très grande diversité des conditions géologiques rencontrées en Wallonie engendre que certains aquifères sont plus vulnérables à tout type de contamination. La réalisation de cartes de vulnérabilité des nappes aquifères wallonnes permettrait une meilleure gestion de l'occupation du sol.
Les techniques les plus communes et les plus utilisées sont des méthodes d'indexation et de pondération de ces facteurs. Ces méthodes sont relativement simples à appliquer, cependant, elles souffrent d'un empirisme important, rendant toute comparaison impossible et fournissant des résultats (indices et classes de vulnérabilité) difficiles, voire impossibles à interpréter physiquement et à valider. Les résultats obtenus avec ces méthodes sont donc peu fiables et sans réelle utilité pratique. Six de ces méthodes ont été appliquées en Région wallonne, sur le bassin du Néblon (Gogu et al., 2003), les résultats obtenus confirmant ce constat.
Plus récemment, des recherches sur le développement d'une méthode basée sur des critères physiquement significatifs ont été menées à l'Université de Liège, par le secteur 'Hydrogéologie et de Géologie de l'Environnement' (Brouyère et al. 2001, Popescu et al. 2004). Cette méthodologie repose sur des critères physiques gouvernant la mobilité de l'eau et des polluants dans le sol et le sous-sol, aboutissant à des résultats clairs et validables. Une première application a été menée sur le bassin du Néblon dans le cadre d'une convention Région wallonne (Popescu et al. 2004). Cette approche est maintenant généralisée dans le cadre d'un projet européen FP6 (GABARDINE, Gardin et al. 2006).
Les phénomènes karstiques désignent les processus de dissolution affectant les formations carbonatées. L'intense fracturation de ces roches, notamment, liée aux plissements varisques et la forte solubilité des minéraux (carbonates) qui les constituent, permettent la formation de réseaux de pertes, de dolines et de cavités souterraines au développement parfois plurikilométrique. Ces systèmes karstiques jouent un rôle majeur dans l'hydrogéologie des régions à substratum calcaire.
Les massifs calcaires affectés par ces phénomènes karstiques présentent généralement des perméabilités de fissures assez élevées qui permettraient d'y exploiter d'énormes volumes d'eau. Néanmoins, ces aquifères sont d'une grande vulnérabilité face aux pollutions, quelles qu'en soient les origines. En effet, des eaux contaminées en surface sont susceptibles d'atteindre très rapidement la nappe en empruntant les réseaux karstiques dont les pertes constituent les principaux points d'alimentation.
Les systèmes karstiques sont alimentés en eaux par :
Les eaux souterraines finissent par émerger à une altitude correspondant au niveau de base de la nappe. Ce niveau de base est lié à la présence d'une formation géologique imperméable ou à un point bas topographique (talweg). L'émergence des eaux souterraines en milieu karstique peut se faire de manière diffuse ou concentrée. Dans ce dernier cas, il convient de distinguer les sources des résurgences (associées à une ou des pertes) ou des exsurgences (associées à des infiltrations diffuses).
Les grands systèmes karstiques belges sont observés dans les calcaires du Dévonien ou les calcaires du Carbonifère.
Les calcaires dévoniens affleurent au droit de la Calestienne (unité géomorphologique située entre la dépression de la Fagne-Famenne, au nord, et l'Ardenne, au Sud) et sur le flanc nord du synclinorium de Dinant.
Les grands systèmes karstiques affectant les calcaires du Dévonien sont, parmi les plus connus car touristiques :
Les karsts des calcaires dinantiens peuvent également être bien développés, par exemple :
Si les systèmes karstiques des calcaires dinantiens sont souvent moins ou plus difficilement " pénétrables à l'homme " que ceux des calcaires dévoniens, ils n'en restent pas moins extrêmement actifs au niveau de l'hydrogéologie régionale (figure 40) engendrant la présence de très nombreuses vallées sèches (vallée du St Hadelin à Celles, vallée des Fonds de Bouvignes à Dinant, ...).
Figure 40 : Schéma d'un système karstique (d'après Funcken L. et Meus Ph., 1999)
Les phénomènes karstiques en Région Wallonne sont répertoriés par la CWEPSS (Commission Wallonne d'Etude et de Protection des Sites Souterrains ; voir http://www.cwepss.org/atlasKarst.htm). Comme les phénomènes karstiques jouent un rôle prépondérant dans l'hydrogéologie régionale, la carte hydrogéologique reprend les données de l'Atlas du karst, les complète ou les actualise si nécessaire.
Biver P., 1993. Etude phénoménologique
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Brouyère S., P.-Y. Jeannin, A. Dassargues, N. Goldscheider,
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Rapport Final, Ministère de l'Environnement et des Ressources
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Autres sources de données | |
Carte géologique de Wallonie | |