1. Introduction


1.1. Définitions

Afin de permettre à chacun une lecture et une compréhension aisées de ce rapport concernant la surveillance de l'air ambiant, il est utile de rappeler quelques concepts relatifs à la qualité de l'air, à sa surveillance et à son évaluation.

D'une façon générale, on peut considérer que la pollution de l'atmosphère est la résultante de divers phénomènes, dont certains peuvent être contradictoires. Il s'agit d'échanges entre l'atmosphère et les autres compartiments de l'environnement qui soit amènent des polluants (émissions), soit les consomment (déposition et transformation). Les émissions font l'objet d'inventaires, ayant pour objet d'évaluer les rejets dans l'air de substances telles que le dioxyde de soufre, les oxydes d'azote, les monoxyde et dioxyde de carbone, le méthane et les composés organiques volatils (hors méthane), l'ammoniac, les composés organiques persistants et les métaux lourds.

Pour chacun des polluants, les niveaux atteints sont comparés aux références disponibles. Celles-ci peuvent être des valeurs limites qui doivent obligatoirement être respectées, et dont le dépassement implique l'élaboration de plans de réduction visant à diminuer la pollution. Il existe également des valeurs cibles aussi appelées valeurs guides qui sont indicatives, ainsi que des seuils d'alerte, seuils d'information, seuils de protection de la santé et seuils de protection de la végétation.

Des objectifs de qualité ont également été déterminés pour la plupart des polluants. Ils s'appuient sur les connaissances apportées par les législations internationales et étrangères, ainsi que sur les recommandations de l'O.M.S. et parfois sur les normes portant sur l'hygiène industrielle (conditions aux postes de travail).

Ces objectifs de qualité sont utiles à plus d'un titre :

Toutes ces références comprennent une valeur à ne pas dépasser pour un paramètre statistique déterminé (moyenne, centile, etc) permettant de synthétiser les données recueillies pendant la durée d'observation fixée. Elles mentionnent en outre une durée d'échantillonnage à laquelle se rapportent les données collectées.

Pour évaluer la potentialité d'effets à long terme, on choisira de longues périodes d'observation (par exemple 1 an); pour les effets à court terme, ces périodes seront courtes (par exemple 1 jour).

Certains polluants induisent des effets à court et long terme; dans ce cas, deux types (ou plus) de valeurs limites sont prévues, les valeurs de référence associées à de courtes expositions étant beaucoup plus élevées que celles relatives à de longues expositions.

Air ambiant: air extérieur de la troposphère, à l'exclusion des lieux de travail (Directive 96/62/CE).

Pollution de l'atmosphère: toute émission dans l'air, quelle qu'en soit la source, de substances gazeuses, liquides ou solides susceptibles de porter atteinte à la santé humaine, de nuire aux animaux et aux plantes ou de causer un dommage aux biens et aux sites (loi de 1964).

Polluant : toute substance introduite directement ou indirectement par l'homme dans l'air ambiant et susceptible d'avoir des effets nocifs sur la santé humaine et l'environnement dans son ensemble (Directive 96/62/CE).

Niveau : concentration d'un polluant dans l'air ambiant ou son dépôt sur les surfaces en un temps donné (Directive 96/62/CE).

Les définitions ci-après font référence à des effets. Il est bien évident qu'il s'agit des effets connus et attribués à la pollution atmosphérique dans l'état actuel des connaissances.

Evaluation : toute méthode utilisée pour mesurer, calculer, prévoir ou estimer le niveau d'un polluant dans l'air (Directive 96/62/CE).

Valeur limite : niveau fixé sur base de connaissances scientifiques, dans le but d'éviter, de prévenir ou de réduire les effets nocifs sur la santé humaine et/ou l'environnement dans son ensemble (Directive 96/62/CE).

Valeur cible (valeur guide) : niveau fixé dans le but d'éviter davantage à long terme des effets nocifs sur la santé humaine et/ou l'environnement dans son ensemble, à atteindre dans la mesure du possible sur une période donnée (Directive 96/62/CE).

Seuil d'alerte : niveau au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé humaine (Directive 96/62/CE).

Seuil d'information : niveau au-delà duquel il existe des effets limités et transitoires pour la santé humaine en cas d'exposition de courte durée pour des catégories de population particulièrement sensibles (AGW du 13/10/94).

Seuil de protection de la santé : niveau qui ne devrait pas être dépassé afin de sauvegarder la santé humaine en cas d'épisodes prolongés de pollution (AGW du 13/10/94).

Seuil de protection de la végétation : niveau au-delà duquel la végétation peut être affectée (AGW du 13/10/94).

Objectif de qualité : niveau qui ne devrait pas être dépassé pour respecter au mieux l'environnement.

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1.2. Atmosphère

L'atmosphère est la fine couche de gaz qui entourant notre planète est entraînée dans son mouvement de rotation. Les forces gravitationnelles (type de forces régissant le mouvement des planètes) l'empêchent de se disperser dans l'espace.

L'épaisseur de l'atmosphère est estimée à 500 km, elle est qualifiée de fine par rapport au rayon de la terre (6730 km). On peut considérer que plus de 99 % de sa masse est concentrée dans les 50 premiers km. Ceci est dû au fait qu'au fur et à mesure que l'on s'élève dans l'atmosphère, la pression diminue fortement.

Figure 1 : Variation de la température et de la pression en fonction de l'altitude

C'est pour la même raison que la composition de l'atmosphère varie avec l'altitude et que l'on observe un phénomène de ségrégation : les gaz les plus légers ont une tendance naturelle à s'élever et présentent donc des concentrations plus élevées en altitude qu'au sol.

Malgré ce phénomène, on peut cependant considérer que la composition de l'atmosphère est homogène, pour les composants majeurs, dans la première couche de 100 km. Elle est synthétisée au Tableau 1 pour les gaz.

L'air contient également des poussières, des aérosols ainsi que de l'eau sous diverses formes (eau, vapeur, glace).

Composants majeurs (%)
Azote (N2) 78.09
Oxygène (O2) 20.95
Argon (Ar) 0.93
Dioxyde de carbone (CO2) 0.033
Composants mineurs (ppm)
Néon (Ne) 18
Hélium (He) 5
Krypton (Kr) 1
Xénon (Xe) 0.09
Méthane (CH4) 1.5
Monoxyde de carbone (CO) 0.1
Hydrogène (H2) 0.5
Protoxyde d'azote (N2O) 0.25

Tableau 1 : Composition de l'air

Il est erroné de croire que la composition de l'atmosphère est restée stable depuis les origines de la terre jusqu'à l'avènement de la société industrielle. Certes, on a pu remarquer, grâce à l'étude des bulles d'air emprisonnées dans les glaces de l'Antarctique, une augmentation notoire, allant jusqu'au doublement, depuis 250 ans, des concentrations de gaz tels que le CO2 et le méthane. L'importance de ce phénomène reste néanmoins très faible par rapport aux bouleversements qui se sont produits depuis les origines de la Terre.

En effet, il est généralement admis que l'atmosphère, à l'origine, était très différente de celle dans laquelle nous vivons et s'apparentait aux gaz émis par les éruptions volcaniques. Ainsi elle ne contenait probablement pas d'oxygène mais de l'eau, du dioxyde de carbone, de l'azote et du sulfure d'hydrogène. C'est à la suite du refroidissement de la terre que l'on a assisté à une condensation de la vapeur d'eau (produisant les océans). De plus, la concentration en CO2 a fortement diminué du fait de sa dissolution dans les océans et de sa fixation dans les sédiments. De ce fait, la vapeur et le CO2 sont devenus minoritaires par rapport à l'azote. Ensuite, avec l'apparition de formes de vie végétale, la photosynthèse a permis la formation de l'oxygène à partir du CO2.

On estime que ces phénomènes se sont déroulés pendant une période allant d'il y a 4 milliards d'année à 600 millions d'années, soit bien avant l'apparition de l'homme !

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1.2.1. Fonctions de l'atmosphère

L'atmosphère protège la terre et ses habitants de la chute de la plupart des météorites, du bombardement des particules cosmiques et de l'incidence des dangereux rayonnements solaires ultraviolets. Elle atténue les variations climatiques au niveau global par le déplacement des masses d'air. Elle participe à l'équilibre thermique de la terre par l'effet de serre. Elle apporte les éléments gazeux nécessaires à la vie. Enfin, elle participe aux échanges de matière et d'énergie entre les différents milieux terrestres (lithosphère, biosphère, océans, ruissellements de surface).

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1.2.2.1. Climat

Le climat, en un lieu donné, peut être défini comme la synthèse des conditions météorologiques régnant en cet endroit dans un rythme journalier et saisonnier. Cette synthèse est caractérisée par des statistiques, calculées sur plus d'une décennie, des éléments météorologiques (phénomènes atmosphériques qui caractérisent l'état du temps en un lieu et un instant donné).

L'atmosphère influence le climat tant au niveau global qu'au niveau local.

A l'échelle de la terre, deux éléments influencent la température moyenne (paramètre climatique) en surface : la quantité d'énergie solaire incidente et la composition de l'atmosphère, en particulier, en ce qui concerne les gaz et particules présentant un potentiel d'effet de serre important (voir point 1.2.2.3.). La circulation des masses d'air résulte d'un déséquilibre géographique du bilan thermique (apport solaire - perte par rayonnement infrarouge) entre l'équateur et les pôles. En effet, les régions tropicales reçoivent plus de chaleur solaire qu'elles n'en émettent sous forme infrarouge alors que la situation aux pôles est opposée. Ce phénomène induit une circulation des masses d'air froid depuis les pôles en direction de l'équateur et de masses d'air chaud en sens inverse. Dans la région des pôles, la dominante est la circulation de courants froids. Dans la région de l'équateur, la dominante est la circulation de courants chauds.

A l'échelle d'un pays comme le nôtre, les variations climatiques observées sont dues principalement aux effets du relief, de la continentalité et de la nature du sol.

L'influence du relief se marque sur la direction et la vitesse du vent, ainsi que sur l'ensoleillement du fait des différences de l'orientation des bassins versants. Pour la nature du sol, on note l'influence des variations du couvert végétal et de l'humidité du sol. Enfin, la continentalité se marque par une fluctuation plus importante des températures et une diminution des précipitations. En effet, les nuages se forment en particulier au-dessus des océans et les masses d'air, lorsqu'elles traversent des régions continentales, tendent à perdre une partie de plus en plus grande de l'eau transportée (nuages), de ce fait les précipitations sont de moins en moins importantes.

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1.2.2.2. Effet de serre

L'effet de serre est un processus physique naturel. Il s'apparente au phénomène rencontré lorsqu'un rayonnement solaire pénètre au travers d'une vitre dans un espace clos (serre, voiture, etc). Dans ce cas, le rayonnement solaire, dont les longueurs d'ondes sont courtes, traverse aisément la vitre, est absorbée par un milieu récepteur (objets, plantes, etc.) et réémis par ce milieu sous forme de rayonnements de grandes longueurs d'ondes auxquels la vitre est opaque (comme un mur l'est pour la lumière visible). Le rayonnement est en partie réfléchi et en partie absorbé par la vitre. L'énergie solaire est alors piégée dans cet espace clos et la température y augmente.

Le changement de longueur d'onde est dû au fait qu'un objet quelconque émet un rayonnement dont la longueur d'onde est fonction de sa température (proportionnel à l'inverse de la quatrième puissance de la température absolue 1/T4). Le soleil ayant une température d'environ 6.000° K et la terre de 288°K, les longueurs d'ondes sont très différentes.

L'effet de serre atmosphérique met en oeuvre les mêmes phénomènes, mais est quelque peu plus complexe.

Schématiquement, le rayonnement solaire incident (1) pénètre facilement jusqu'à la surface de la terre où il est absorbé (2), car l'atmosphère est relativement transparente pour les rayonnements de faibles longueurs d'ondes. Une partie assez faible du rayonnement solaire incident (1) est cependant dévié vers le vide interstellaire et une autre partie est absorbée sur le trajet.

La terre émet à son tour un rayonnement de grande longueur d'onde (3). L'atmosphère est très opaque à ce type de rayonnement, du fait de la présence de certains gaz ayant la particularité de l'absorber (vapeur d'eau, dioxyde de carbone, ozone, méthane, protoxyde d'azote, CFC etc.). Schématiquement, les couches atmosphériques absorbent le rayonnement et réémettent à leur tour un rayonnement infrarouge dont une partie descend vers la terre (5) et une partie s'éloigne dans l'espace. La température au sol est la résultante du rayonnement solaire absorbé (2) et du flux de rayonnement infrarouge descendant (5).

Figure 2 : Effet de serre

En réalité, les phénomènes d'absorption du rayonnement infrarouge et de réémission par les molécules de gaz absorbants se déroulent dans l'ensemble du volume de l'atmosphère. Cela signifie qu'un rayon partant de la terre va rencontrer une première molécule de gaz et être absorbé. Un rayonnement sera réémis par la molécule dans toutes les directions (comme le soleil émet dans toutes les directions de l'espace); ces rayons vont rencontrer d'autres molécules de gaz et le phénomène recommencera. C'est donc un genre de collision en chaîne qui se déroule dans l'atmosphère.

En l'absence de gaz absorbants pour les rayonnements infrarouges dans l'atmosphère, la température moyenne à la surface de la terre serait de -18°C au lieu des 15°C enregistrés actuellement. La différence, soit 33°C est attribuable à l'action de l'effet de serre dans les conditions actuelles de densité et de concentrations de notre atmosphère. Cela signifie que l'effet de serre est un phénomène utile sans lequel la vie sur terre serait très différente de ce que nous connaissons, voire même impossible, car les variations entre les températures diurnes et nocturnes seraient extrêmes si elles étaient influencées par la seule incidence d'énergie solaire (lumière).

Le danger relatif à cet effet de serre est, en réalité, sa variation. La concentration de certains gaz à effet de serre (GES) est en augmentation depuis le début de l'Ere industrielle et menace de perturber l'équilibre thermique global de la planète. L'augmentation de température conséquente serait d'environ quelques degrés mais aurait des conséquences très importantes sur l'étendue des glaces, le climat, les précipitations, etc. C'est pourquoi des programmes de réduction des GES sont élaborés par les instances internationales et nationales.

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1.2.2.3. Couche d'ozone et ozone troposphérique

L'ozone (O3) résulte de la recombinaison d'une molécule d'oxygène (O2) avec d'un atome d'oxygène (O) provenant du bris d'une tierce molécule.

Il est présent dans toute l'atmosphère à raison de quelques ppm (quelques molécules par millions de molécules des gaz constitutifs de l'air). Ces concentrations ne restent néanmoins pas constantes dans toute son épaisseur. Les niveaux les plus importants sont atteints dans la stratosphère (entre 10 et 50 km d'altitude). C'est pourquoi on parle d'ozone stratosphérique, par opposition à l'ozone troposphérique (entre 0 et 10 km d'altitude). Ce dernier se forme lors de périodes de fort ensoleillement, en présence de précurseurs tels que les oxydes d'azote et les composés organiques volatils.

Il s'agit du même composé, présentant le même ensemble de propriétés. Néanmoins, l'environnement étant différent, certaines propriétés sont " masquées " dans le cas de l'ozone troposphérique ou stratosphérique. Ainsi, vu l'absence de formes de vie dans les couches stratosphériques, les propriétés irritantes pour les yeux et les muqueuses ne sont pas mises en évidence!

Ozone stratosphérique

Dans cette couche de l'atmosphère, la réaction de formation de l'ozone est initiée par l'action brisante, sur une molécule d'oxygène, des radiations solaires UVC (UltraViolet : rayonnement lumineux de faibles longueurs d'ondes et très énergétiques, on parle des UVA, UVB et UVC qui sont les plus dangereux). Sa destruction, par l'action du même rayonnement UV, produit une molécule d'oxygène (O2) et un atome d'oxygène (O). Par la suite, ce dernier pourra de nouveau participer à la réaction de formation de l'ozone.

La présence importante d'ozone dans la couche allant de 10 à 50 km s'explique par la nécessité de disposer simultanément des deux composants de la réaction de formation. A une altitude plus élevée, l'oxygène se raréfie; à une altitude plus faible, les radiations UVC sont insuffisamment présentes.

Dans les couches élevées de l'atmosphère, les rayons UV sont donc présents en quantité et c'est leur " consommation " par les réactions précitées qui permet leur faible incidence à la surface de la terre. La couche d'ozone agit, à ce propos, comme un filtre. C'est la raison pour laquelle on parle de " bouclier " d'ozone contre les UV. Il s'agit là d'un bien grand mot car il est constitué d'une infime quantité de gaz. D'après les calculs, elle ne présenterait qu'une épaisseur de trois millimètres si tout l'ozone se trouvait rassemblé à la surface de la terre, dans les conditions de température et de pression y régnant habituellement. Lorsque les scientifiques parlent de la variation d'épaisseur de la couche d'ozone, ils utilisent ces mêmes artifices de calcul.

L'épaisseur de la couche d'ozone évolue naturellement dans l'espace et dans le temps. Ainsi, bien que la formation d'ozone se produise surtout à l'équateur, l'épaisseur est plus importante aux pôles grâce au phénomène de déplacement des masses d'air. A l'échelle d'une année, aux pôles, on observe une variation importante de cette épaisseur en raison de la stagnation des masses d'air pendant la période hivernale. Si la probabilité de former de l'ozone y est extrêmement faible par contre, sa destruction a toujours lieu. Elle est même facilitée par des phénomènes particuliers. De ce fait, la couche d'ozone se réduit de moitié au cours de cette période. C'est ce que les scientifiques appellent le trou dans la couche d'ozone! Heureusement, vers le mois de décembre, l'arrivée de masses d'air plus riches rétablit peu à peu les concentrations en ozone habituelles, pour atteindre un maximum dans le courant du printemps.

Différents facteurs peuvent influencer l'épaisseur de la couche d'ozone stratosphérique. Certains sont naturels comme les éruptions volcaniques dont l'action est défavorable à la couche d'ozone et l'intensité de l'activité solaire pouvant jouer dans les deux sens. D'autres sont anthropiques (dus à l'action des humains), tels que l'augmentation de concentration en chlore et de ses dérivés tels que les CFC dans la stratosphère. Ces produits peuvent être mis en jeu dans des réactions de destruction de l'ozone. Ils influencent donc l'équilibre entre création et destruction de l'ozone, dans le sens d'une plus grande destruction, et par conséquent d'une diminution de sa concentration.

La diminution de la couche d'ozone est préjudiciable à la vie sur terre car elle serait accompagnée d'une augmentation de radiations UV. Divers phénomènes, dont les suivants, sont prévisibles tant au niveau des plantes que des humains et des animaux :


Ozone troposphérique

Dans la troposphère, la réaction de formation de l'ozone est initiée par l'action brisante des radiations solaires UVA ou UVB sur une molécule de dioxyde d'azote formant ainsi un atome d'oxygène et une molécule de monoxyde d'azote. En effet, il n'y a plus suffisamment de radiations UVC pour initier la réaction rencontrée dans la stratosphère.

La destruction de l'ozone est due à sa réaction avec le monoxyde d'azote pour reformer du dioxyde d'azote.

Dans une atmosphère non polluée, les réactions s'équilibrent et la concentration en ozone est faible.

En présence de pollution par les COVs (Composés Organiques Volatils) les NOX (oxydes d'azote) appelés tous deux les précurseurs, et de fortes radiations solaires (UVA et UVB), l'équilibre est rompu et on assiste à une augmentation de la concentration en ozone au sol.

C'est le phénomène de SMOG photochimique. Celui-ci est caractérisé par une diminution de la visibilité et par des atteintes aux humains, animaux, plantes et matériaux; de plus, il est une composante de l'acidification. En ce qui concerne la santé humaine, on observe des affections respiratoires, des irritations des muqueuses et des yeux. Certaines études tendent même à démontrer que la conjugaison de fortes chaleurs et de concentrations élevées en ozone a un effet non négligeable sur la mortalité.

Il est très difficile de juguler le phénomène, dès qu'il a démarré. Les seules actions efficaces consistent à diminuer, à long terme, la pollution pour les deux précurseurs. La complexité des réactions chimiques qui contribuent à la formation de l'ozone se reflète dans la difficulté à les limiter. La limitation à court terme des teneurs en précurseurs est, à cet égard, relativement inefficace et peut conduire à des résultats inverses de ceux recherchés. La diminution des épisodes de fortes concentrations d'ozone est un défi capital pour les autorités.

Les mélanges entre l'ozone stratosphérique et troposphérique sont habituellement marginaux. Il est donc erroné de croire que l'ozone troposphérique peut contribuer à apporter une solution à la diminution de l'épaisseur de la couche d'ozone. Par contre, il arrive que des courants descendants rapides apportent au sol depuis la stratosphère des quantités importantes d'ozone. Ce phénomène donne lieu à l'enregistrement de fortes concentrations d'ozone à des moments incongrus, par exemple la nuit, en hiver ou au printemps.

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1.3. Buts et effets de la surveillance de la pollution atmosphérique

Lorsqu'un phénomène particulier se manifeste, la démarche scientifique permettant d'interpréter sa genèse nécessite dans un premier temps d'en identifier les causes potentielles. Pour ce faire, l'idéal serait de connaître l'état de l'environnement avant son apparition et les modifications qui y sont survenues concomitamment. Il convient ensuite d'émettre des hypothèses quant aux mécanismes qui y ont donné lieu et de les vérifier. Ceci étant réalisé, on peut établir des stratégies visant à supprimer, ou tout au moins, à réduire le phénomène. L'efficacité de ces stratégies sera attestée, sinon par un retour à l'état initial de l'environnement, au moins par l'amélioration de la situation.

Telle est actuellement la démarche qui préside à la surveillance de la pollution atmosphérique. Historiquement, il a fallu des épisodes dramatiques de pollution, ayant pour conséquence la mort de nombreuses personnes, pour que l'on commence à se préoccuper de l'évaluation de la qualité de l'air. Le lien de cause à effet avec la pollution étant évident, les pouvoirs publics ont été persuadés de la nécessité d'améliorer la qualité de l'air. Pour ce faire, il a fallu établir des normes de qualité de l'air, réduire les émissions de polluants et surveiller la qualité de l'air pour évaluer l'impact des actions prises. La connaissance des niveaux de pollution s'améliorant, il a été possible de les corréler avec des effets chroniques sur la santé, mais aussi sur l'environnement pris dans son sens large et sur les édifices.

La surveillance de la pollution permet donc d'évaluer, sur le terrain, les effets des politiques et des stratégies de diminution des émissions.

A l'échelle d'une commune, on peut par exemple estimer les effets de l'implantation d'une activité émettrice de poussières, ou d'une technique visant à diminuer les émissions de poussières.

A l'échelle d'un pays, on peut voir les effets du remplacement de l'essence plombée par l'essence sans plomb. Il en résulte une augmentation des teneurs en benzène qu'il est encore prématuré de chiffrer.

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1.4. Echelles spatiales et temporelles des phénomènes de pollution

Schématiquement, la pollution en un point donné est la résultante de phénomènes relatifs à trois échelles :

L'échelle locale, constituée des sources situées dans l'environnement immédiat (périmètre de quelques kilomètres) qui, en fonction des circonstances météorologiques locales, influencent plus ou moins directement la qualité de l'air en ce point. Ce sont les phénomènes relatifs à cette échelle qui sont le plus souvent responsables des variations rapides et de forte amplitude des concentrations en polluants.

L'échelle régionale, couvrant un périmètre de quelques dizaines de kilomètres autour du point. Les sources situées dans ce périmètre ont une influence relativement diffuse, qui se matérialise par des variations de concentrations en polluants généralement lentes et amorties.

L'échelle continentale, s'étendant de plusieurs centaines à plusieurs milliers de kilomètres. Ce que l'on appelle le transport à longue distance des polluants peut contribuer de manière sensible aux teneurs mesurées. Ceci explique que l'on puisse trouver une pollution en des points éloignés de toutes sources même modestes. Cet apport contribue largement à ce que l'on appelle la pollution de fond (background).

De manière générale, la proximité des sources entraîne le caractère instantané de la perception au point considéré. Il faut cependant remarquer que la part relative aux trois niveaux décrits ci-dessus n'est pas constante et peut varier dans le temps, notamment en fonction du polluant considéré et des circonstances micro- et macro-météorologiques.

L'exemple d'un point situé en zone urbaine permet d'illustrer ces considérations.

Les teneurs en CO et NO y sont, en fonction de la nature des sources (trafic), quasi exclusivement dépendantes de circonstances locale, : intensité de la circulation, météo, etc.

La situation est différente pour le SO2 pour lequel on peut trouver des influences situées aux trois échelles. L'échelle locale avec, par exemple, le chauffage domestique, l'échelle régionale et l'échelle continentale avec d'importantes sources industrielles situées à des distances plus ou moins grandes.

Les parts relatives de ces trois échelles seront déterminées par l'importance des émissions des différentes sources et par les circonstances météorologiques (température, inversions de température, direction et vitesse du vent). L'occurrence d'une augmentation importante de la pollution au point considéré peut être le résultat de phénomènes jouant sur une ou plusieurs échelles. Lors d'un des derniers épisodes de pollution élevée en SO2 que nous ayons connu (janvier 1985), la température était faible, il y avait une inversion de température sur toute l'Europe de l'Ouest et un vent faible d'Est. Des modèles ont pu montrer que certains jours, la teneur en SO2 à Liège pendant cette période était due pour 90 % au transport à longue distance de masses d'air pollué, originaires de ce que l'on appelait à l'époque le triangle noir (frontières Allemagne, Pologne, Tchécoslovaquie), et ce alors que les faibles températures entraînaient l'usage intensif du chauffage et que l'inversion de température était défavorable à la dispersion des polluants émis au niveau régional.

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1.5. Paramètres influençant la pollution

1.5.1. Généralités

L'existence d'un polluant dans l'atmosphère est rythmée par cinq étapes :

Figure 3 : Relation émissions et immissions

Il en résulte que les niveaux de pollution sont surtout fonction du volume des émissions et des conditions météorologiques.

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1.5.2. Conditions météorologiques et topographiques

1.5.2.1. Vent

Le vent est l'un des paramètres météorologiques les plus importants pour le transport et la dispersion des polluants.

En effet, un flux de polluant va subir, dès son entrée dans l'atmosphère, un transport dont la direction et la vitesse seront fonction de celles du vent à l'instant considéré. La pollution sera emportée, en même temps que la masse d'air où elle pénètre, d'autant plus vite que le vent sera important, et ce dans la direction imposée par celui-ci. Par analogie, on peut comparer cela au mouvement d'un ballon.

Figure 4 : Dispersion de la pollution par le vent

Les direction et vitesse du vent sont la manifestation du mouvement général de la masse d'air. Mais au sein de celle-ci règne une certaine turbulence qui est un facteur difficile à appréhender. C'est elle qui par exemple fait claquer un drapeau au vent ou provoque un tourbillon de poussières. Elle est la manifestation du déplacement aléatoire d'un volume d'air et agit sur un panache de pollution en le dispersant dans toutes les directions. La pollution est dispersée d'autant plus vite que la turbulence est élevée.

Par analogie, si un groupe se trouve dans un cortège, sa vitesse et son déplacement général seront ceux de l'itinéraire suivi (direction et vitesse). La vitesse des membres et la cohésion du groupe seront influencées par les mouvements de la foule et certains membres se trouveront isolés (turbulence).

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1.5.2.2. Etat thermique

L'état de stabilité thermique de l'atmosphère est défini par rapport à une droite de variation de température théorique, celle d'un volume d'air qui s'élève dans l'atmosphère stable et se détend lentement (à cause de la diminution de pression) sans échange de chaleur avec le milieu avoisinant, c'est le gradient adiabatique sec, aussi appelé droite de neutralité thermique ou neutre.

La température de l'air décroît au fur et à mesure que l'altitude augmente, à raison de +/- 10 degrés par km, à cause de la diminution de pression régnant dans l'air. Mais la variation de température en fonction de l'altitude s'écarte le plus souvent de cette situation. Deux cas peuvent être rencontrés :


Figure 5 : Stabilité thermique


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1.5.2.3. Inversions de température

L'état d'inversion de température est caractérisé par une augmentation de température au fur et à mesure que l'altitude augmente. C'est un état thermique stable que l'on observe généralement par temps clair et ensoleillé.

Il est caractérisé par une altitude de début et de fin d'inversion (Figure 6). Lorsque le début coïncide avec le niveau du sol, l'altitude de fin est appelée hauteur de la couche de mélange. En effet, c'est dans l'épaisseur de cette couche d'air stable que se dispersent les polluants émis. Si l'épaisseur est faible, le volume d'air dans lequel les polluants sont dispersés l'est aussi, de ce fait, les concentrations rencontrées sont élevées. Il s'agit là de la situation la plus propice aux épisodes de pollution atmosphérique.

Figure 6 : Inversion de température

Figure 7 : Panaches de fumée

A titre documentaire, la Figure 7 illustre le comportement d'un panache de fumée en fonction de la stabilité thermique et des inversions de température.

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1.5.2.4. Effet de cloche

En ville, la température moyenne est légèrement supérieure à celle observée dans les campagnes avoisinantes, du fait de la dispersion de chaleur plus importante due au chauffage des nombreux bâtiments et de la présence de plus fortes concentrations de gaz à effets de serre (CO2). Il se forme ainsi une sorte de " bulle " d'air chaud au-dessus de la zone urbaine (Figure 8).

On a remarqué que les phénomènes de pollution atmosphérique pouvaient en être aggravés. Les échanges entre les polluants produits dans la " bulle " et le reste de l'atmosphère sont ralentis, du fait de la différence de densité entre l'air chaud et l'air froid. Ceci empêche la dispersion des polluants, les niveaux de concentration ont tendance à augmenter dans la " bulle ", ce qui peut conduire à des phénomènes de smog localisés. En cas de vent faible, une convection " cellulaire " s'établit dans la bulle et les échanges avec l'atmosphère sont très faibles. Si la vitesse du vent augmente, la turbulence induite au droit de la bulle crée une zone instable où se produisent les échanges.

Figure 8 : Effet de cloche

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1.5.2.5. Effet canyon

L'effet canyon est du même type, cependant il s'applique à l'échelle de la rue. Il apparaît lorsque les bâtiments sont de hauteur importante par rapport à la largeur de la rue, en particulier si un seul coté est ensoleillé et si le trajet est tortueux. Il s'instaure alors une circulation " cellulaire " qui ralentit les échanges avec les couches supérieures et tend à accumuler les polluants émis dans la rue.

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1.6. Réseaux air en 1996

Avant de commencer la présentation des résultats des mesures de la qualité de l'air acquis en 1996, il est intéressant de se pencher sur les changements apportés aux différents réseaux de mesures, changements effectués dans le but d'améliorer le contrôle de polluants déjà bien connus, mais également d'introduire progressivement la surveillance de composés moins connus, parfois présents à l'état de traces, mais néanmoins toxiques. Les réseaux de surveillance de la qualité de l'air sont en mutation permanente pour, d'une part, s'adapter aux connaissances scientifiques nouvelles et, d'autre part, répondre aux questions précises posées par les services compétents et par la population.

L'année 1996 fut une année riche en améliorations. Elles peuvent se subdiviser en différents types :

Il serait long d'énumérer tous les changement survenus durant cette année. Cependant, quelques points importants doivent être signalés :


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1.7. Définitions et conventions

Avant de continuer plus en avant, il semble utile de rappeler quelques définitions de termes et convention, utilisés tout au long de ce rapport.

1.7.1. Unités

Les unités dépendent du type de polluant; ainsi pour les gaz ou les particules en suspension, on exprime la concentration en unité de masse par unité de volume soit le plus souvent des µg/m³ (µ = micro, soit un millionième de gramme).

Pour les hydrocarbures totaux dont la composition exacte nous est inconnue, on préfère utiliser les rapports volumiques en ppm (part par million, soit 1 m³ de gaz pour 1 000 000 m³ d'air).

Pour les retombées, il s'agit de mesurer un dépôt de matière sur une surface donnée en un temps donné. Les résultats s'expriment alors en mg/m².j (parfois en µg/m³.j). Pour les retombées humides, les ions polyatomiques sont exprimés par rapport à la masse de leur atome central (par exemple SO4= exprimé en g [S]/m².jour de pluie).

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1.7.2. Paramètres statistiques

Etant donné le grand nombre de mesures, différents paramètres statistiques sont utilisés pour caractériser au mieux la distribution des résultats de ces mesures :

Ces paramètres statistiques ne sont calculés que si le nombre de données est suffisant par rapport à la période considérée; ainsi nous avons adopté les conventions suivantes :

Si, lors des calculs, on rencontre des mesures inférieures aux limites de détection de la méthode, la valeur prise en compte dans les calculs est égale aux 2/3 de cette limite de détection. Si le résultat d'un calcul est inférieur à cette limite de détection, on notera LD.

Rem : La tendance actuelle pour les polluants irritants est d'exprimer les normes et valeurs guides non plus par des centiles mais plutôt en terme de dépassement, comme c'est déjà le cas pour l'ozone.

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1.7.3. Conventions

Dans ce rapport, les polluants sont repris un à un par famille. La structure de chaque chapitre est similaire : après une introduction décrivant l'origine du polluant, ses sources, les niveaux habituellement mesurés dans d'autre pays et sa toxicité, les résultats de l'année sont présentés, suivi d'une évolution à long terme et d'une discussion sur le respect des normes.

Citons encore quelques conventions utilisées dans ce rapport :

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1.8. Météorologie

Les conditions météorologiques et principalement le vent jouent un rôle de grande importance dans le transport et la dispersion des polluants. Afin de mieux appréhender les niveaux de pollution enregistrés, certaines stations du réseau télémétrique sont équipées de mâts permettant la mesure de quelques paramètres météorologiques tels que :

Les différents capteurs se situent généralement à une altitude de 30 m (sur sol). Ces stations sont situées dans les agglomérations de Charleroi et de Liège; l'emplacement des mâts a été choisi dans le but de mesurer les conditions locales de dispersion.

La topographie des lieux peut avoir une grande influence sur les différents paramètres; ainsi, dans la région liégeoise, on remarque de nettes différences entre les stations situées dans la vallée de la Meuse (comme la station du Palais des Congrès, TMLG03) et la station située sur la colline de Cointe (TMSG02). Il est dès lors difficile de vouloir extrapoler ces données au niveau régional; néanmoins, nous avons repris sur la Carte 1, les roses de vents pour quelques stations de la Région wallonne, afin de permettre au lecteur d'avoir une idée des directions des vents dominants.

On remarque que sauf dans des conditions de topographie particulière, les vents dominants sont généralement situés dans un axe Sud-Ouest Nord-Est.

Carte 1 : Roses de direction du vent

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