Depuis 2022 l’Union Européenne finance le Plan National de Relance et de Résilience et particulièrement pour la Wallonie certains projets du Plan de Relance de la Wallonie. L’un des projets financés concerne la régénération de forêts résilientes dans le secteur public. Cela s’est traduit depuis 2022 et jusqu’en 2024, par un total de plus de 450 projets répartis chez plus de 120 propriétaires publics pour un total de près de 2.000 ha.


Contexte
Depuis 2018, les scolytes de l’épicéa ont provoqué de nombreux dégâts aussi bien dans les forêts privées que dans les forêts publiques. Cette crise résulte, entre autres, de conditions climatiques défavorables (sécheresses successives et fortes chaleurs) et de l’inadéquation de certains peuplements au regard des conditions stationnelles. Plus largement, d’autres essences montrent également des faiblesses dont les liens avec l’évolution du climat sont bien souvent établis (ex : hêtre) alors que certaines sont assez bien adaptées à résister aux changements en cours (chêne sessile, alisier, bouleau, etc.).
Par ailleurs, des études récentes montrent aussi clairement que les peuplements équiens monospécifiques présentent de moins bonnes capacités de résilience aux crises tant sanitaires que climatiques. A contrario, l’association de plusieurs espèces d’arbres devrait permettre de répartir les risques, d’utiliser les ressources de manière complémentaire ou encore de se protéger les unes les autres face aux aléas (insectes, maladies, sècheresses, etc.). Elles montrent également que la diversité génétique des forêts et le choix de provenances adaptées doivent être favorisés car ils sont un gage d’une meilleure adaptation face aux changements climatiques et donc de résilience.
De nombreuses études montrent également que la résilience des futures forêts passe aussi par la nécessité de réduire l’impact de la pression du gibier sur la régénération de la forêt qu’elle soit naturelle ou issue de plantation.
Enfin, il est reconnu que le maintien d’un certain couvert au niveau du sol (« couvert continu ») présente de nombreux avantages (qualité des sols, absorption hydrique, biodiversité…) par rapport aux cycles des futaies équiennes lorsque celles-ci exposent le sol au plein découvert en cas de grandes superficies.
Objectif de la mesure
L'objectif de la présente mesure est de permettre aux propriétaires forestiers publics (forêts communales, CPAS, provinces,…) de mettre en place des forêts plus résilientes, c’est-à-dire plus aptes à assurer à long terme les services écosystémiques qu’on attend d’elles, malgré les perturbations climatiques ou les problèmes sanitaires qu’elle peut rencontrer, et ainsi à restaurer la confiance du secteur, indispensable au maintien de l’activité sylvicole.
Ce soutien régional a pour vocation de diversifier et irrégulariser les peuplements peu résilients, équiennes, monospécifiques (sur de grandes surfaces) ou dépérissants et d’orienter les régénérations pour mettre en place une forêt constituée d’un mélange d’essences adaptées aux changements globaux, intégrant davantage la biodiversité. Combinée avec cette dernière, la fonction économique liée à la production de bois de qualité reste une préoccupation essentielle afin de satisfaire les besoins croissants de la société pour ce matériau écologique renouvelable et qui joue un rôle important dans la captation du CO2 et la régulation du climat.
Une des priorités de cette mesure est de privilégier le mélange d’essences pour éviter les effets néfastes (vulnérabilité aux maladies, conséquences sur le paysage, impacts écologiques, …) associés aux peuplements monospécifiques (ou paucispécifiques, composés de peu d’essences différentes). Il s’agit également d’accroître la résilience des peuplements aux aléas, notamment par la mise en œuvre de l’effet de dilution.
Ce soutien assure une grande liberté d’action quant aux itinéraires techniques mis en œuvre pour autant qu’à terme, le peuplement réponde aux objectifs de contribuer à une forêt plus résiliente, constituée d’au moins 3 essences adaptées au changement climatique. Les scénarios devront prendre en compte les contraintes environnementales existantes et mettront en avant les méthodes plus douces telles que la régénération naturelle en station, sans pour autant exclure les plantations, et en favorisant les essences les plus favorables à la biodiversité (biogènes).
Le montant du droit de tirage pour les personnes morales de droit public (communes, provinces, CPAS) est de 4 500 000 €., répartis sur 3 ans.
Un système de suivi des projets de régénération ou de diversification sur le long terme est mis en place par le Département de la Nature et des Forêts (DNF) afin de s’assurer de la bonne réalisation des itinéraires techniques.