CONTEXTE

Les villes et le végétal sont liés depuis toujours. La minéralisation des villes et l’urbanisation de ces dernières décennies ont pu nous le faire oublier. Pourtant, dès le début du XXème siècle, des architectes prônent une continuité d’espaces plantés, de l’échelle du petit jardin à celle des forêts urbaines.

Aujourd’hui, végétaliser les espaces urbanisés est un enjeu fort, partagé à la fois par les pouvoirs publics, les professionnels et les habitants. Ces derniers estiment d’ailleurs que la création d’espaces verts est LA priorité. Au-delà d’une prise de conscience citoyenne généralisée, les cités végétales de demain se feront avec une approche systémique des acteurs du monde urbain et la valorisation des savoir-faire des professionnels du végétal.

 

ACCOMPAGNER LA VÉGÉTALISATION DE LA VILLE

Le présent appel à projets proposé par la Wallonie donne l’occasion d’insuffler une bouffée de verdure à nos communes dans le contexte d’une urbanisation galopante en Région wallonne.

La place du végétal dans les zones urbanisées doit être intégrée dans une politique globale, et ce à toutes les échelles. Tout projet d’aménagement d’un espace vert devrait s’intégrer dans un programme d’ensemble pour la commune, et ce, sur le long terme. La rédaction d’un tel programme est une étape clé dans la durabilité d’un projet. Chaque projet d’espace public offre une opportunité de végétaliser l’espace urbain. Pour garantir à la fois la cohérence et la qualité des aménagements, le pouvoir public doit mettre en place une démarche de projet partagé… et écrire un programme clair précisant son ambition.

 

LE VÉGÉTAL EN VILLE, POURQUOI ?

Au-delà d’un rôle esthétique, le végétal en ville a de nombreux bienfaits qui peuvent se répartir sous trois piliers :

  • pour l’homme : santé et bien-être, lien social et identité ;
  • pour l’environnement et les équilibres naturels : biodiversité, régulation thermique, qualité de l’air, écoulement des eaux et protection des sols ;
  • pour l’économie : valorisation du bâti, valorisation des produits végétaux, agriculture urbaine et attractivité du territoire.

 

Les bienfaits pour l’homme

Les végétaux et les espaces verts urbains sont des alliés de la santé humaine et du bien-être des habitants. Ils ont un effet direct par...

  • une réduction du stress en favorisant l’activité physique, en améliorant le cadre de vie et l’état de santé ressenti
  • une augmentation de la satisfaction liée au cadre de vie du fait d’aménagements fonctionnels pour diverses activités.
    Une étude récente de l’UNEP-IFOP (janvier 2016) rapporte que la qualité du cadre de vie, en termes de proximité et d’état des espaces verts, est plus appréciée par 85% des ménages français que la proximité des commerces, ou l’accessibilité en transports en commun.
    Ils représentent donc aujourd’hui un des éléments essentiels non seulement de la qualité du cadre de vie, mais aussi de l’attractivité des territoires.
  • un renforcement local de la cohésion sociale : ils créent des opportunités de contact entre des personnes de milieux sociaux et ethniques variés, qui sont autant de moyens de participer à la vie de la communauté et de développer un sentiment de convivialité.
    En outre, le réaménagement de l’espace public à l’aide d’espaces verts peut être une opportunité pour rétablir le lien entre quartiers séparés par l’omniprésence de la voiture, où la convivialité retrouve droit de cité, pour relancer l’attractivité d’un centre-ville, de quartiers ou encore pour rajeunir les espaces publics.

 

Les bienfaits pour l’économie

Dans un contexte budgétaire restreint, les dépenses des pouvoirs publics sont en première ligne. Les coûts de création et d’entretien des espaces verts publics définissent donc l’orientation et le nombre de projets. Les habitants estiment cependant que la création d’espaces verts publics est la priorité en termes d’investissements des pouvoirs locaux. Ces derniers participeraient, plus qu’avec tout autre type d’aménagement public, à la dynamisation de l’économie locale par la création ou la sécurisation d’emplois dans le secteur du paysage.

Impacts de la présence d’espaces verts publics

  • Ils répondent aux attentes des habitants en termes d’investissements des pouvoirs locaux
  • Ils induisent une valorisation du patrimoine immobilier. Les espaces verts urbains publics et privés entrainent des plus-values immobilières pour les logements situés à proximité.

Ces impacts sont les plus forts pour les parcs. Dès lors, la qualité du cadre de vie, et plus généralement de l’environnement urbain, envoie aux résidents et aux visiteurs un signal fort, susceptible de contribuer au développement social et économique du territoire.

 

Les bienfaits pour l’environnement

 

Qualité de l’air

C’est une préoccupation majeure en milieu urbain.

Dès le XIXème siècle, les grandes métropoles se sont dotées d’un réseau de squares, de parcs et d’avenues plantées, mettant en avant les bienfaits des « espaces verts » sur la qualité de l’air.

Aujourd’hui, dans un contexte de changement climatique, la question de la séquestration de carbone ainsi que la captation des poussières et particules fines par la végétation urbaine est importante pour les politiques environnementales locales en vue d’une plus grande résilience des villes.

 

Ecoulement des eaux et protection des sols

Le rôle des espaces verts dans la régulation hydrique est bien connu et les effets d’imperméabilisation dans certaines régions à très forte urbanisation ont été suffisamment démonstratifs pour imposer des contraintes d’urbanisme (notamment pour lutter contre les inondations et l’érosion des sols).

Les espaces végétalisés représentent autant de surfaces perméables, offrant des points de rétention temporaire, de ralentissement de l’écoulement, voire d’infiltration des eaux pluviales.

Ils permettent de lutter contre l’imperméabilisation des sols en ville qui limite fortement l’infiltration des précipitations, induisant un ruissellement immédiat au cours duquel les eaux se chargent de matières en suspension et polluants.

Le ruissellement constitue également une perte de ressource. Le cycle urbain de l’eau est bien plus rapide que son cycle naturel, et l’infiltration n’est souvent pas suffisante pour recharger les nappes phréatiques. Ainsi, les villes puisent et importent de l’eau parfois sur de grandes distances, alors qu’elles perdent presque l’ensemble des précipitations qu’elles reçoivent.

Une surface urbaine dédiée aux espaces verts est une forme de garantie

  • de préservation du sol contre son artificialisation, la perte de ses propriétés physiques, et de ses fonctions (fonctions hydrauliques, épuration, support de vie).
  • de protection du sol de l’érosion et du tassement provoqué par l’impact des précipitations et leur écoulement. Le système racinaire de la végétation en ville crée une véritable architecture de protection dans le sol, ce qui permet de le structurer et de le prémunir encore davantage contre l’érosion.

 

Régulation thermique

La présence du végétal réduit l’effet d’ilot de chaleur urbain (déséquilibre thermique entre ville et campagne) et contribue à une meilleure efficience énergétique des bâtiments. L’ombre des arbres limite l’échauffement du sol et, cumulé à l’effet rafraichissant de l’évapotranspiration, l’air sous la canopée reste à des températures plus agréables. Un impact positif existe sur la longévité des revêtements urbains, et permet de réaliser des économies sur leurs coûts d’entretien.

De plus, la présence d’arbres autour d’un bâtiment réduit les entrées d’air chaud dans les bâtiments en été et d’air froid en hiver et permet une efficience énergétique accrue.

 

Biodiversité

Ces dernières années, l’état et la gestion de la biodiversité en milieu urbain sont devenus des préoccupations majeures. La notion de biodiversité (variété en écosystèmes, espèces et gènes et leurs interrelations) est au cœur de la nature en ville et transversale aux différents services rendus. Elle intervient dans l’approvisionnement, les services culturels et surtout les régulations environnementales. La présence de nombreux insectes permet par exemple d’avoir des pollinisations (et donc fruits et graines) aussi en ville… C’est en multipliant les espaces à caractères naturel de qualité, c’est-à-dire riches en ressources pour les plantes et les animaux, qu’une biodiversité minimale peut s’installer. Plus elle sera importante, plus on tendra (tendre seulement, la ville ne sera jamais un milieu naturel) vers des fonctionnements efficaces et une certaine stabilité. C’est bien en ayant de nombreuses espèces dans les sols que ceux-ci peuvent retrouver leurs dynamiques et leurs horizons, donc impliquer une gestion plus faible (moins d’intrants, de désherbage, d’espèces invasives).

A l’échelle locale, la gestion des parcs permet l’installation de plus d’espèces en ville qu’auparavant, mais à une échelle plus globale, seul le développement d’un maillage vert (trame verte avec plus ou moins de continuités) permettrait de maintenir une biodiversité ordinaire jusqu’au cœur de la ville et pourrait jouer un rôle dans la transparence régionale. Ilots verts, les parcs urbains, connectés au sein d’une trame verte multifonctionnelle, ont donc un rôle essentiel pour la conservation de la biodiversité.

 

APPEL À PROJETS

 

La revégétalisation urbaine passe par une réappropriation de l’espace urbain et semi-urbain par le végétal pour favoriser le bien-être des citoyens avec des aménagements bien pensés dans les cœurs des villages ou des villes (favorisant une dépollution de l’air, rafraichissement de l’atmosphère, meilleur infiltration de l’eau, recréation de liens sociaux, valorisation paysagère et touristique, favorisant le développement de la biodiversité et des pollinisateurs).

Quelques exemples de projets qui pourraient être mis en œuvre dans le cadre de l’appel de la première thématique, dans les centres urbains et semi-urbains, cœurs des villes et des villages :

  • petits espaces verts et jardins paysagers;
  • plantations de haies végétales basses afin de délimiter différents espaces de convivialité;
  • aménagements riches en biodiversité dans les ronds-points ou espaces similaires;
  • installation d’un espace didactique avec la présence d’un hôtel à insectes, de nichoirs ou autres dans un espace végétal;
  • verdurisation des abords d’un bâtiment public via un engazonnement, une prairie fleurie, des plantes grimpantes…;
  • financement d’un mobilier urbain dans les nouveaux aménagements d’espaces verts;
  • possibilité de créer un cheminement piéton dans les nouveaux aménagements;
  • aménagements verts d’intégration des infrastructures dans le paysage (arbres palissés, haies vives, plantes grimpantes…);
  • toiture végétale en milieu urbain;
  • plantations le long des accès carrossables des bâtiments publics;
  • aménagements d’un parking paysager via des plantations pérennes, bandes de gazons,...

 

QUELS SONT LES DÉLAIS ET ÉCHÉANCES DE LA PROCÉDURE ?

13 janvier 2017 lancement de l’appel à projets
20 avril 2017 rentrée des dossiers auprès du SPW
Fin mai 2017 sélection des 35 candidats par un jury d’experts et proclamation

 

TÉLÉCHARGEMENTS