LA GESTION DURABLE EN FORET WALLONNE

CONCLUSION


Le cadre légal et institutionnel de la forêt en Wallonie, allié au dynamisme des gestionnaires forestiers tant publics que privés, a permis non seulement de préserver la forêt, mais surtout de reconstituer des massifs qui avaient été largement exploités au fil des siècles: pression démographique et besoin de terres arables d'abord, besoins énergétiques lors de la révolution industrielle ensuite. Au fur et à mesure des mutations de la société, le visage de la forêt s'est modifié par des conversions et la plantation d'essences introduites, pour répondre à de nouveaux besoins.

L'éventail des mesures décrites dans la première partie, d'application effective ou encore en chantier, permet d'augurer de nouvelles modifications du paysage forestier, qui devrait encore mieux satisfaire les multiples fonctions assignées à la forêt, au bénéfice de la société tout entière.

Les grands critères d'Helsinki permettent de dresser un état des lieux nuancé.

Variée et en constante évolution, la forêt wallonne l'est assurément: la progression des surfaces boisées et du capital sur pied est évidente, de même que l'enrichissement, du point de vue sylvicole, des forêts feuillues. Même à l'échelle d'un pays à densité de population élevée, le rôle de la forêt pour tempérer le changement climatique est loin d'être négligeable, a fortiori si l'utilisation du bois à des usages nobles est encouragée.

Comme dans les autres contrées d'Europe, la santé des forêts préoccupe la population. Si le dépérissement forestier ne peut être nié, il n'atteint pas l'ampleur que certains avaient annoncée. Il s'agit là d'un phénomène que le forestier ne peut maîtriser seul, même si des mesures préventives ou curatives sont à même d'en atténuer les effets.

La forêt wallonne excelle dans son rôle de production: sa productivité est particulièrement élevée et une tradition de sylviculture soignée permet la récolte de produits de qualité aptes à des usages variés. Dans les régions rurales, les revenus de la forêt participent largement au développement des infrastructures locales.

La Région entend maintenir l'accent sur cette recherche de la qualité, tant au niveau des produits ligneux feuillus et résineux que des pratiques sylvicoles.

La biodiversité en forêt a bénéficié largement de l'histoire sylvicole et rurale de la Région: les pratiques passées ont multiplié les régimes et en conséquence les milieux où de nombreuses espèces ont pu s'épanouir; la forêt, plus que toute autre utilisation des terres, est restée un espace peu artificialisé. Des problèmes se posent localement, imputables tantôt à la monospécificité des peuplements ou à une sylviculture trop conservatrice, tantôt au déséquilibre sylvocynégétique qui compromet la présence des strates arbustives et herbacées et la régénération des peuplements. Diverses mesures sont en place, pour contribuer sur l'ensemble du territoire à un meilleur respect de la diversité des espèces et des écosystèmes, ainsi qu'à une conservation accrue des milieux plus rares.

Les fonctions de protection des sols et des eaux, ainsi que la régulation des débits, discrètement assurées par nos forêts, sont explicitement prises en compte par la Région, dans les aménagements forestiers des bois soumis, mais également par des mesures incitatives en forêt privée.

Enfin, l'importance socio-économique du secteur forestier est indéniable, mais difficile à maîtriser statistiquement, car elle recouvre plusieurs domaines aux structures complexes: les retombées indirectes de la forêt et de la chasse constituent des ressources importantes pour l'économie et l'emploi des régions rurales; la filière-bois occupe encore plus de 13.000 personnes en Wallonie, également répartie entre le secteur production-exploitation et le secteur de la transformation; enfin, la forêt est indissociable de nos plus beaux paysages et constitue à ce titre et par les activités qu'elle accueille, un attrait touristique indispensable pour les régions rurales de Wallonie.

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