Lièvre  - Lepus europeaus

A la fin de l'hiver dans les campagnes dénudées, les lièvres en proie aux feux de l'amour se poursuivent incessamment et se bagarrent. On croirait parfois assister à des matches de boxe. En d'autres circonstances, c'est un animal plutôt discret et même timide, ne quittant son gîte, une petite dépression creusée dans le sol, qu'au crépuscule et le regagnant, celui-là ou un autre, à l'aube. On ne le verra en plein jour que s'il a été dérangé. Pas toujours très caché mais constamment aux aguets, il récupère de ses efforts nocturnes à la recherche de nourriture ou d'un(e) partenaire. Sûr de son mimétisme , il laissera passer sans réagir le promeneur mais détallera à toute allure si celui-ci s'arrête ou le regarde avec trop d'insistance. Il a bien entendu de bonnes raisons d'être méfiant car ses prédateurs, des oiseaux rapaces aux mammifères carnivores, sont nombreux et l'homme en est certainement le plus dangereux car le lièvre intéresse beaucoup le gastronome.

Très prolifique, le lièvre a 3 à 4 portées de 1 à 5 levraults par an. Ces portées peuvent se chevaucher (superfétation). La production moyenne annuelle d'une femelle (hase) est de 7-8 jeunes dont seulement 2-3 survivent aux prédateurs et maladies. La coccidiose, une parasitose frappant aussi les lapins même domestiques, fait de grands ravages parmi les levraults.

Contrairement au lapin de garenne, les jeunes naissent les yeux ouverts et munis de leurs poils. La durée de la gestation est de 42 jours. L'allaitement dure en moyenne 30 jours mais les jeunes peuvent acquérir leur indépendance beaucoup plus tôt, après une dizaine de jours, si les circonstances les y obligent. On peut rencontrer des levraults depuis le début de février jusqu'à octobre.

Ces dernières années, les populations de lièvres ont fortement diminué, non seulement en Hesbaye dont il est le mammifère le plus typique, mais partout en Europe. Ce déclin est attribué à plusieurs facteurs dont les principaux sont :

1. une augmentation de la pression de chasse,

2. l'utilisation de machines agricoles meurtrières ainsi que de nombreux pesticides,

3. le trafic automobile et notamment la création de chemins de remembrement bétonnés facilitant la circulation dans les campagnes mais aussi le braconnage,

4. l'arasement des haies et des talus fournissant des lieux de repos et de mise à bas.

Comme pour beaucoup d'espèces, la restauration de nos populations de lièvres dépend de celle de la biodiversité en Hesbaye. Conservation des haies existantes, plantation de nouvelles, maintien des rares chemins creux ayant survécu  au remembrement, présence de prés pâturés, jachères sans façons culturales, voilà autant de facteurs restaurant un milieu favorable. A cela devrait s'ajouter un moratoire sur la chasse d'ailleurs pratiqué de fait par certains chasseurs conscients de la disparition progressive et inquiétante de leur gibier favori. L'introduction artificielle d'animaux provenant d'élevage ou d'autres régions est à exclure car ces animaux, particulièrement stressés, sont très sensibles aux maladies qui se transmettront aussi aux maigres populations locales survivantes.

Une maladie du lièvre, la tularémie, est transmissible à l'homme. Il faut éviter de toucher des lièvres qui se laissent aisément capturer.

Ordre : Lagomorphes Famille : Léporidés

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