L'Hermine - Mustela erminea Linnaeus, 1758)

 

Morphologie et anatomie

Les femelles sont plus petites que les mâles.

En moyenne, elle mesure 30 à 42 cm dont 10 à 12 cm de queue.
Son poids varie de 100 à 300 grammes.

En moyenne, les individus des populations du Sud de l'Europe sont de taille plus réduite que ceux du Nord.

L'Hermine est le type le plus accentué du petit carnassier vermiforme : longue et mince. Ses oreilles sont courtes, arrondies et bordées de blanc. La queue est terminée sur 1/3 par un pinceau noir (principale signe de reconnaissance).

L'Hermine porte successivement plusieurs livrées :
Livrée d'été : dessus brun clair, jaune roux, beige ou parfois rosé. La moitié inférieure des joues, le menton et le haut de la gorge sont blancs.
Livrée d'hiver : entièrement blanche, excepté le bout de la queue qui reste noir. Le dessous garde son aspect soufré. Le poil blanc est plus long que celui de l'été.

Note Importante : contrairement à une opinion répandue, toutes les Hermines ne deviennent pas blanches en hiver. Certaines années, dans les régions de plaine notamment, de très nombreux individus conservent leurs couleurs d'été.

Possibilités de confusion entre l'Hermine et la Belette :

La reconnaissance des deux espèces n'est pas toujours commode sur le terrain.

Remarque :
Beaucoup de ces critères sont difficiles à apprécier sur le terrain, à l'exception peut -être du bout noir de la queue. Ils vous permettront en revanche une détermination facile des individus trouvés morts.



Répartition géographique

L'Hermine se retrouve sur l'ensemble de l'Eurasie et de l'Amérique du Nord. En Europe, on la retrouve dans les régions froides et tempérées, à l'exception de la Provence, la Corse, l'Italie et les îles méditerranéennes (Schilling et al., 1986). En Wallonie, l'Hermine a une répartition ubiquiste. Elle est peut être plus localisée au nord du sillon Sambre et Meuse.



Habitat et utilisation du milieu

Bien que plus restrictive que la Belette, l'Hermine offre néanmoins un bel exemple de tolérance écologique : tous les milieux ou presque lui conviennent, depuis les bords de mer jusqu'à la haute montagne (Kraft, 1966). On la retrouve toutefois généralement dans les champs, près, prairies bocagères, lisières des bois, fossés, haies, jardins, friches, régions pierreuses ou marécageuses, dunes, parcs boisés (Delattre, 1987)...

Elle semble avoir un goût particulier pour les berges de ruisseaux, les rives et les digues d'étangs.

Dans les endroits où elle n'est pas persécutée, elle s'enhardit et vient près des maisons.

Deux milieux écologiques semblent cependant lui déplaire :



Régime et comportement alimentaire

L'Hermine est adaptée par sa morphologie (longueur, minceur, petitesse des pattes, dentition) à la chasse aux rongeurs dans leurs galeries.

Tout comme la Belette, le fond de son régime alimentaire est composé par les rongeurs (jusqu'à 99% du régime) : campagnols terrestres, rats surmulots, mulots, campagnols des champs (Erlinge, 1981 ; Debrot, 1981). Dans une étude d'estimation des besoins énergétique de l'Hermine, Segal (1975) ; Erlinge (1983) et Delattre et Grenot (non publié) ont montré que la consommation quotidienne d'un individu adulte était de 69 à 230gr de nourriture soit, par exemple, de 3 à 8 campagnols des champs par jour ou encore entre 1000 et 3000 petits rongeurs par an !

Elle peut toutefois se nourrir de temps à autre d'autres petits vertébrés (lézards, grenouilles..) et invertébrés (escargots, insectes...). Elle se nourrit occasionnellement d'oiseaux (passereaux et gallinacés). Les insectivores (taupes et musaraignes) apparaissent irrégulièrement dans le régime alimentaire de l'Hermine. Parfois, elle s'attaque aux lapereaux ou levrauts, lièvres et lapins. Elle pénètre très rarement dans les poulaillers ou élevages, mais ne commet jamais de << carnages >>. Pendant les périodes de faible densité de rongeurs, des fruits peuvent également être ingérés en quantité appréciable (Delattre, 1987).



Démographie et dynamique de population

Prédateurs
Les prédateurs principaux de l'Hermine sont les renards, les chats harets et sauvages et le hibou grand-duc (Erlinge et al., 1982).

Reproduction
Deux ruts sont habituellement décrits par les auteurs :

Nombre de jeunes
Le nombre de jeunes est très variable d'une année sur l'autre et selon les endroits. Tout comme pour la Belette, celui-ci est certainement à mettre en rapport direct avec l'abondance des proies disponibles, notamment les effectifs de campagnols des champs, nourriture de base de l'Hermine. Il en résulte des diminutions importantes de densité de populations d'Hermines pendant les phases de déclin de ces proies.

Le nombre moyen de jeunes se situe entre 4 et 7. Il est parfois de 3 seulement, et peut aller jusqu'à 9.

Nombre de portées par an
Contrairement à la Belette, l'Hermine n'a qu'une portée par an.

Maturité sexuelle
Le mâle n'est mûr sexuellement qu'au mois de juin de l'année qui suit sa naissance (c'est-à-dire à son second été).
La femelle par contre est extrêmement précoce puisqu'elle est couverte lors de son premier été, c'est-à-dire à un âge d'à peine 3 ou 4 mois.

Longévité
L'Hermine vit entre 5 et 7 ans, parfois jusque 10 ans.

Capacité de multiplication
Les capacités de multiplication de l'Hermine paraissent relativement plus faible en comparaison à celles de la Belette. Ainsi, alors que la production maximale d'une belette adulte est de 30 jeunes, la valeur correspondante chez l'Hermine est de 13. Avec une seule portée par an et une période de latence de 9 à 11 mois, liée au mécanisme de l'implantation différée, l'Hermine ne pourrait donc << répondre >> aux augmentations de densité de population de ses proies aussi rapidement que la belette (Delattre, 1987).

Densité des populations
Les densités fluctuent fortement d'une année à l'autre et semblent suivre des cycles de 4 à 9 ans (contre 2 à 4 chez la Belette) (Delattre, 1987). Les densités maximales, à l'échelle locale sont de l'ordre de 2/10 hectares dans un milieu de type marécageux (Erlinge, 1983) et de 1 à 1,5 individus/10 hectares dans un milieu bocager (Delattre, 1983). Toutefois, tous les milieux n'étant pas également colonisés, les densités évaluées à l'échelle régionale seraient en moyenne beaucoup plus faibles (entre 0,2 et 0,04 individus/10hectares) (Yurgenson, 1933 ; Vaisfeld, 1972).

Mécanisme de régulation des densités de populations
Les préférences alimentaires de l'Hermine à l'égard du Campagnol terrestre créent une apparente dépendance de ce prédateur vis-à-vis de sa proie. Il en résulte des diminutions importantes de densité de populations d'Hermines pendant les phases de déclin de ses proies (Vershinin , 1972).

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