Qu'observer dans la campagne cultivée ?

Peu d'espèces d'oiseaux sont régulièrement nicheuses dans la campagne cultivée. L'Alouette des champs est l'espèce la plus typique. S'y ajoutent deux espèces que l'on rencontre peu dans d'autres régions de Belgique, le Bruant proyer et la Bergeronnette printanière, un nicheur des prés humides qui a envahi assez récemment les campagnes, le Vanneau huppé qui a fait de même ainsi que les Gallinacés, Caille des blés, Perdrix grise et Faisan de Colchide. Ces deux dernières espèces, sédentaires, font l'objet de "repeuplement" par les chasseurs. Le Faisan est, en effet, une espèce introduite tandis que la Perdrix, pourtant bien de chez nous, a fait les frais, ces dernières décennies, de la modification des pratiques agricoles. Ces pratiques et l'absence de lieux naturels de refuge mettent en danger toutes ces espèces de même que le Lièvre commun bien moins nombreux qu'autrefois et pratiquement le seul mammifère visble dans la campagne. La Caille, quant à elle, est migratrice et protégée. C'est en soirée et même la nuit qu'on a le plus de chance d'entendre son célèbre "paye tes dettes" mais bienheureux sera celui qui aura la chance de l'observer visuellement.

Au fil des saisons, la campagne fournit cependant provende à beaucoup d'espèces. Dès que les graines arrivent à maturité, les champs de lin et de colza sont envahis par les Linottes mélodieuses, les Verdiers, les rares Tourterelles des bois survivant à la modification de leurs lieux d'hivernage en Afrique et aux braconniers traditionnalistes français ainsi que de nombreux Pigeons ramiers. Dès le premier labour en fin d'été, les bandes de Mouettes rieuses, parfois accompagnées de l'un ou l'autre Goéland et celles de Vanneaux huppés se rencontrent en nombre, à la recherche de vers de terre. Les terres sans couverture végétale permettent également la chasse des rapaces mangeurs de micromammifères : Faucon crécerelle, Buse variable et les Busards migrateurs. Ces rapaces nous accompagnent souvent tout l'hiver mais, parmi les Busards, seul le Saint-Martin hiverne régulièrement en très petit nombre.

C'est en période de migration que le nombre d'espèces est le plus élevé. Toutes les espèces migratrices survolant notre région sont susceptibles d'être rencontrées en vol et même, pour certaines, posées à la recherche de nourriture. Les migrateurs diurnes fournissent parfois un spectacle assez extraordinaire. Les jours d'octobre où le vent souffle du sud-ouest, les bandes de passereaux se succèdent en un flot quasi ininterrompu. Pinsons des arbres, Pinsons du Nord certaines années, Pipits farlouses, Alouettes des champs, Linottes mélodieuses et Bergeronnettes grises sont les plus nombreux. Les Vanneaux, les Pigeons ramiers et, plus tard, les Corbeaux freux parfois accompagnés de Choucas des tours sont également abondants. Plus rares mais très spectaculaires sont les "carousels" de rapaces pratiquant le vol à voile. Les bandes de Vanneaux seront minutieusement inspectées à la recherche de Limicoles pouvant les accompagner, en particulier le Pluvier doré. La méthode d'observation la plus fructueuse consiste à se poster près d'un creux de terrain ou une vallée pour les premières heures de la matinée. Si octobre est le mois le plus favorable pour les observations massives, les amateurs d'oiseaux plus rares commenceront cependant leur observation de la migration dès la mi-août et même plus tôt pour les mordus. Beaucoup d'espèces insectivores nous quittent en effet dès la fin juillet.

Les migrateurs nocturnes à l'arrêt ne sont pas rares. Le plus abondant est le Traquet motteux posé sur une éminence, motte de terre ou même piquet de clôture et filant au ras du sol en montrant son croupion blanc. Plus rares mais néanmoins réguliers sont le Tarier des prés et l'un ou l'autre Tarier pâtre. La recherche de ces oiseaux se fait idéalement à vélo, ce moyen de locomotion permettant de couvrir rapidement de nombreux kilomètres. Les oiseaux et mammifères sont peu sensibles à l'approche du cycliste et même le farouche Bruant proyer peut laisser passer celui-ci à quelques mètres mais il n'est pas question de s'arrêter. L'on redevient alors un bipède avec tout le danger que cela représente aux yeux de la faune sauvage.

Les années où la fin de l'été est particulièrement humide, les mares subsistant dans les champs recèlent quelquefois l'un ou l'autre Limicole. Combattant varié, Bécasseaux variable et minute sont les plus susceptibles d'être rencontrés.

L'hiver, à l'exception des rapaces et de rares Alouettes, la campagne est souvent triste. Si quelques talus ont survécu à la rage du remembrement et si le chasseur nourrit les oiseaux gibiers qu'il n'a pas massacrés, l'une ou l'autre bande d'oiseaux granivores, Bruant jaune, Moineau friquet, Pinson des arbres, peut se rencontrer. Si l'hiver n'est pas trop rude, février verra le retour de quelques espèces et les premiers chants d'Alouette. La migration de printemps est nettement moins spectaculaire que celle d'automne mais l'observateur se réjouira de découvrir sa première Bergeronnette printanière de l'année, sa première hirondelle, son premier Traquet motteux, ...

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