La Belette - Mustela nivalis

 

Morphologie et anatomie

La Belette est le plus petit carnivore d'Europe.
La taille de la femelle est légèrement inférieure à celle du mâle :

Longueur totale : 17 à 25 cm - queue : 4 à 6.5 cm.
Poids du mâle : 70 à 130gr - Poids de la femelle : 40 à 75 gr.

En été, son corps est brun, jaune roux sur le dessus ; la gorge, la poitrine, le ventre sont blancs.

En hiver, le pelage s'éclaircit, virant au << café au lait >>. Les pattes sont très courtes, brunes, avec le dessous blancs. La queue est entièrement rousse. Les oreilles sont courtes, à peines visibles.

Il importe d'insister sur la très petite taille de cette espèce

Le poids de cet animal est celui de trois ou quatre souris grises de nos maisons. La Belette s'introduit sans aucune difficulté dans un trou de campagnol des champs et elle peut passer par un trou minuscule de 23 millimètres de diamètre.



Répartition géographique

La Belette se rencontre de l'Europe et du Maghreb à la Sibérie, le Japon et l'Afghanistan. Elle a également été introduite sur plusieurs îles de l'Atlantique et de la Méditerranée pour combattre les souris (Schilling et al., 1986 ; Delattre, 1987) (figure répartition géographique). En Wallonie, la Belette se retrouve sur l'ensemble du territoire.



Habitat et utilisation du milieu

Comme l'Hermine, la Belette peut s'installer à peu près dans n'importe quel biotope (Delattre, 1987). Elle fréquente régulièrement les lisières, les talus, les fossés, les haies, les broussailles, les vergers, les parcs, les champs et les bois. A la différence de l'Hermine, elle évite cependant les terrains humides. L'intensité d'utilisation des milieux est sans doute essentiellement régie par l'abondance des rongeurs qui les occupent et dans une moindre par celle des compétiteurs et des ennemis potentiels de la Belette (Delattre, 1987).

On la retrouve notamment dans les grandes plaines céréalières de Hesbaye. En effet, alors que tous les autres prédateurs ont besoin d'un minimum d'abris naturels (haies, buissons, talus, ronciers, ....) pour se dissimuler, gîter et se reproduire, la Belette, elle, peut survivre dans des endroits totalement désertiques, telles les plaines de Hesbaye.

Profitant de son aptitude à se glisser dans les galeries de rongeurs, elle passe une bonne partie de son temps sous terre, y chasse, s'y réfugie à la moindre alerte et y établit même son nid.

Il est à noter que c'est précisément dans ces immenses plaines céréalières, véritables aberrations écologiques, que se reproduisent les plus redoutables pullulations de campagnols.



Régime et comportement alimentaire

Tous les spécialistes sont unanimes : sa nourriture fondamentale est constituée par les RONGEURS ( souris, mulots, rats et surtout campagnols) (58 à 99% des proies), à tels point que le facteur essentiel conditionnant sa présence est celui d'une population abondante de rongeurs (figure avec Belette attrapant un mulot) (Delattre, 1987).

La taille et la morphologie de la Belette sont en elles-mêmes des preuves qu'elle est essentiellement un prédateur de petits rongeurs : elle s'insinue dans les galeries les plus étroites (3 à 4 cm lui suffisent) et dévore les occupants. Elle peut toutefois se nourrir occasionnellement d'autres petits mammifères : insectivores (musaraignes et taupes) (Erlinge, 1975); lagomorphes (en général jeunes lapereaux capturés au nid ou juste après leur sevrage) (Delattre, 1987). Elle capture également de temps à autre de petits reptiles, des amphibiens, des oiseaux (0 à 19% des régimes observés (Perrins, 1965 ; Dunn, 1977), des insectes et autres invertébrés (vers de terre..). Les animaux domestiques ne sont que très rarement attaqués, en dépit de la présence fréquente de la Belette près des habitats humains. Elle y est attirée en règle générale, davantage par les rongeurs anthropophiles (souris grise) qui s'y multiplient et auxquels elle s'intéresse que par les espèces élevées. Sa faible taille limite d'ailleurs celle des proies susceptibles d'être maîtrisées (poussins, lapereaux...).

La constitution de réserve de proies est souvent constatée à proximité des gîtes (Heptner et Naumov, 1974).



Démographie et dynamique de population

Prédateurs

En dépit de la présence de glandes anales aux sécrétions répulsives, la Belette possède de nombreux ennemis naturels, au nombre desquels figurent en bonne place : le renard, le chat sauvage et le chat haret ainsi que les autres mustélidés (Fouine, Putois, ...) (Erlinge et al., 1982).

Elle figure assez régulièrement - quoiqu'en nombre très limité- au menu des rapaces : buses, autours, chouettes hulotte et effraie, hibou grand-duc....(Powell, 1973 ; Delattre, 1987)


Nombre de jeunes

Le nombre de jeunes varie énormément selon les régions et les années.

Ce nombre fluctue, semble-t-il, avec la masse des rongeurs disponibles et atteindra un maximum lors des grandes pullulations. Le chiffre moyen varie de 3 à 9 petits qui sont allaités 3 à 6 semaines ou plus (Delattre, 1987). Ils ouvrent les yeux à 4 semaines et peu après sortent pour la première fois du nid.


Nombre de portées par an

Fait exceptionnel chez les carnivores, le nombre de portées peut être soit d'une seule (les années de vaches maigres), soit de deux (les années riches en campagnols).


Longévité

7 ou 8 ans environ. Toutefois, les évaluations de la mortalité annuelle moyenne établie par King (1980) varient de 75 à 90% de la population. Ainsi, les Belettes semblent avoir peu de chance de survivre à leur première année.


Densité des populations

A l'instar des populations de rongeurs, dont elles dépendent étroitement, les populations de belettes fluctuent selon des cycles pluriannuels (alternances régulières de densité) dont le rythme varie, suivant les régions et les circonstances, de deux à quatre ans. Les densités les plus élevées (évaluées à environs 30 individus par km2) ont été observée par Lockie (1966) au cours d'une phase de forte densité de campagnols agrestes Microtus agrestis (100 à 450 individus/hectare). Les densités les plus faibles sont enregistrées pendant les phases de faible densité de rongeurs et sont inférieures à 0,2 individus/ km2. Au cours d'un même cycle et dans une même localité, les rapports entre faibles et fortes densités sont probablement de l'ordre de 1 à 100 (Delattre, 1987).


Mécanismes de régulation des densités

Les variations des densités de populations de Belettes sont fortement corrélées à celles des petits rongeurs (principalement les campagnols). Le délai de réponse de la Belette à une augmentation de densité de Microtus est inférieure à 1 an. Lorsque les densités de Belettes sont parvenues à un niveau élevé, une chute brutale de ces densités succède à la phase de déclin de la proie, même en présence de proies de remplacements.


Action de la Belette sur les effectifs de la proie

Selon une hypothèse récente (Fitzgerald, 1977), les espèces spécialistes comme la Belette ou l'Hermine joueraient un rôle déstabilisant sur les populations de rongeurs lors de phases de pullulations alors que les autres carnivores plus généralistes (Renard, Chat, Buse...) joueraient plutôt un rôle régulateur durant les phases de déclin et de faibles densités des proies. Ils assureraient ainsi le maintien à un bas niveau les effectifs de ces proies et retarderaient le développement d'une nouvelle phase d'augmentation de densité. Les différentes espèces de carnivores seraient ainsi fortement complémentaires dans le maintien des petits rongeurs à des niveaux raisonnables.

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