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Les émissions de gaz à effet de serre de l'industrie

Parmi les six gaz à effet de serre (GES) concernés par le Protocole de Kyoto (CO2, CH4, N2O, HFC, SF6, PCF), seules les émissions de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4) et de protoxyde d'azote (N2O) font actuellement l'objet d'un suivi sectoriel par l'Agence wallonne de l'Air de du Climat (AWAC). Pour les gaz fluorés, on dispose d'un volume global d'émissions à l'échelle du territoire wallon. Les émissions des autres gaz sont présentées en équivalent CO2. Cette conversion qui tient compte du potentiel de réchauffement de l'atmosphère des différents gaz, permet d'apprécier l'impact global de ces émissions sur le milieu.

Natures et sources des émissions de gaz à effet de serre en Wallonie

En 2013, 83% des émissions wallonnes de gaz à effet de serre (en tonnes équivalent CO2) sont du CO2, 9% sont du CH4, 6% sont du N2O et 2% sont des gaz fluorés.  

La source la plus importante d'émissions de dioxyde de carbone est la combustion d'énergie fossile. Les principaux émetteurs de CO2 sont l'industrie, le transport et le secteur tertiaire y compris le logement.  

Le méthane (CH4) est principalement émis par les activités agricoles (digestion des ruminants) suivies par l'industrie dont les sources d'émissions sont la gestion des déchets (fermentation des déchets dans les décharges) et la production d'énergie (principalement les fuites liées à la distribution de gaz naturel) et enfin par la fermentation de la biomasse.

Les sources les plus importantes d'émissions de N2O sont l'agriculture (par la dégradation du lisier et des engrais minéraux azotés), l'industrie et plus particulièrement l'industrie chimique (production d'acide nitrique) et la combustion de combustibles fossiles pour les besoins énergétiques. Le transport est responsable d'une partie des émissions de N2O, notamment en raison du vieillissement des pots catalytiques installés sur les voitures à essence (cette source est néanmoins peu importante).  

L'industrie - premier émetteur de gaz à effet de serre

Répartition par sous-secteur en 2013 (unité de référence : ktonnes équivalent CO2) et évolution 2003-2013 (Indice en base 100=2003) des émissions de gaz à effet de serre de l'industrie wallonne (hors secteurs machines et équipements, extraction et bois)
Source : AWAC (données 2013) inventaire 2015

voir tableau ("répartition")

voir tableau ("évolution")

En 2013, l'industrie wallonne (hors secteurs machines et équipements, extraction et bois), a produit un peu moins de 14,5 millions de tonnes d'équivalents CO2, ce qui constitue une diminution de 49% par rapport à 2003. Les émissions de l'industrie représentent un peu moins de 40% des émissions totales de la Wallonie, qui se chiffrent à 36,7 millions de tonnes (hors émissions issues de la biomasse).  

Le transport émet 24% des émissions régionales, le logement 16 %, le secteur tertiaire 5 %. L'agriculture est à l'origine de 13% des émissions du territoire tandis que les autres activités, qui comprennent la distribution des combustibles et les émissions de gaz fluorés sont à l'origine de 3% des émissions de la Wallonie.  

Les activités industrielles les plus émettrices de gaz à effet de serre en 2013 sont :

  • la fabrication de produits minéraux non métalliques dont les émissions représentent 50% de l'ensemble des émissions de l'industrie ;
  • la production d'énergie est à l'origine de 17% des émissions industrielles wallonnes ;
  • l’industrie chimique, pharmaceutique et de fabrication du caoutchouc et du plastique, qui constitue 11% des émissions industrielles de GES.

La Wallonie réduit nettement ses émissions de GES

Évolution des émissions de GES pour la Wallonie entre 2003 et 2013

voir Tableau

voir Tableau

Source : AWAC (données 2013) inventaire 2015

La Wallonie a réduit ses émissions de gaz à effet de serre d’environ 31% entre 2003 et 2013. Cette réduction est la résultante de tendances opposées entres les secteurs d'activités :

  • recul des émissions de l'industrie (-49%), du logement (-21%), de l'agriculture (-12%) et du transport (-9%);
  • progression des émissions du secteur tertiaire (+10%) et des autres activités (+38%).

La baisse des émissions industrielles est majoritairement attribuable à une réduction des émissions liées à la combustion. Elle résulte de restructurations d'activité ainsi que d'actions portant sur l'amélioration de l'efficacité énergétique (accord de branche « énergie & CO2 » ), de l'optimisation des installations de combustion et de la substitution de combustible (passage de combustibles fossiles solides au gaz naturel ou fuel switch). Un cas exemplatif à relever en matière de substitution de combustibles est celui du secteur de la production d'énergie qui a remplacé un certain nombre de centrales thermiques au charbon par des centrales TGV (turbine gaz/vapeur).

En ce qui concerne les efforts fournis sur l'amélioration de l'efficacité énergétique dans le cadre des accords de branche, l'industrie de la fabrication de la pâte, du papier et du carton, secteur intensif en énergie par excellence, illustre bien le phénomène. Ce secteur a réalisé un découplage significatif entre les émissions de GES et la production de pâte et de papier, atteignant une réduction de 22,5% de GES entre 2005 et 2013. Leurs actions ont porté sur l'amélioration de l'efficience énergétique des outils de production et des chaudières mais aussi à la substitution de combustible (chaudière à liqueur noire, installation d'unité de cogénération).

Les émissions inhérentes aux procédés sont liées à la production; le « CO2 de process » qui ne résulte pas de la combustion, et est donc inévitable hormis peut-être pour l'industrie chimique où des améliorations de procédé sont envisageables. Ce CO2 représente 46% des émissions totales de l'industrie. En 2013, ces émissions provenaient essentiellement des activités de fabrication des minéraux non métalliques (issu de la décarbonatation des minéraux pour la production de ciment et de chaux), de l'industrie chimique (issu de la production d'acide nitrique et d'ammoniac) et de la sidérurgie (décarburation de la fonte dans les aciéries et décarbonatation des additifs à l'agglomération). Ces émissions ont diminué de 58% depuis 2003 suite à la baisse de production de la filière fonte de la sidérurgie puis à la fermeture des hauts-fourneaux.  

Dans le cas du logement, le recul des émissions de gaz à effet de serre est lié à la réduction des consommations énergétiques des ménages wallons. Cette dernière est due essentiellement à des comportements plus économes volontaires ou contraints par de fortes hausses des prix des énergies fossiles, également à l'amélioration des qualités énergétiques du parc de logements et de ses équipements, et enfin à l'augmentation dans le mix énergétique des parts du gaz naturel, de l'électricité et des sources d'énergie renouvelables au détriment des produits pétroliers (mazout) et solides (charbon). Ces améliorations ont été soit volontaires soit encouragées par des primes ou des baisses d'impôts, soit encore contraintes par de nouvelles réglementations.  

Evolution des performances de l'industrie

Evolution des performances de l'industrie wallonne en matière de GES entre 2003 et 2013 (Indice en base 100 = 2003)

voir Tableau

Source : AWAC (données 2013) inventaire 2015 ; Institut des Comptes Nationaux/Banque Nationale de Belgique/IWEPS (données 2012) inventaire 2015

Entre 2003 et 2013, la consommation énergétique de l'industrie a baissé de 41%. Outre la restructuration du tissu économique régional, cette situation reflète les efforts déjà réalisés par l'industrie en matière d'efficacité énergétique sous l'impulsion de la signature des accords de branche. Au cours de cette même période, les émissions totales de gaz à effet de serre de l'industrie ont reculé de 49%. Depuis 2010, on observe une légère diminution des émissions spécifiques de gaz à effet de serre, fruit d'actions portant sur l'amélioration de l'efficacité énergétique, l'optimisation des installations de combustion, la substitution de combustible mais aussi de restructurations.

Les enjeux règlementaires liés au changement climatique

La prévention de la pollution atmosphérique provenant des émissions de gaz à effet de serre est très clairement liée à la préservation des ressources non renouvelables et à l'utilisation plus rationnelle de l'énergie. Elle est régie au niveau international par une série d'actes réglementaires : la Convention-Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques (définition : CCNUCC, site : UNFCCC) et le Protocole de Kyoto, l'amendement de Doha et la directive 2003/87/CE, dite "Emission Trading Scheme" (ou ETS). Cette dernière directive vise la mise en place au niveau européen d'un système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre via l'instauration de permis d'émissions. Elle est transposée au niveau wallon par le Décret du 10 novembre 2004.

A l'échelle régionale, le décret climat du 20 février 2014 instaure des objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre à court, moyen et long termes, et met en place les instruments pour veiller à ce qu’ils soient réellement atteints.

Les objectifs fixés par ce décret sont les suivants :  

• une réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 en 2020 ;  

• une réduction de 80 à 95% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 en 2050.  

Afin d’atteindre ces objectifs, le texte prévoit que le Gouvernement wallon établisse, tous les cinq ans, un Plan Air-Climat-Energie (PACE) qui rassemble toutes les mesures à adopter pour respecter les budgets d’émission (le premier projet de plan a été approuvé en 1ère lecture par le Gouvernement wallon le 23 janvier 2014). Le projet de plan a été approuvé en seconde lecture par le Gouvernement wallon le 21 avril 2016.  

La version précédente du Plan wallon Air-Climat portait sur les années 2008-2012. Ce plan visait à remédier à la problématique globale de la pollution atmosphérique, dont le réchauffement climatique est un des aspects centraux, et à améliorer la qualité de l'air en Wallonie par le biais de 104 mesures identifiées qui devaient toucher l'ensemble de la société wallonne. La plupart de ces mesures a été mise en oeuvre (71 intégralement et une vingtaine de mesures partiellement). Seule une dizaine de mesures n'a pas été mise en oeuvre. Le nouveau projet de plan prolonge et accentue la plupart des initiatives figurant dans le plan 2008-2012, afin de garantir une certaine continuité dans le Plan Air-Climat-Energie.

En ce qui concerne l'industrie, l'essentiel des mesures envisagées dans le cadre du plan wallon Air-Climat-Energie à l'horizon 2020 consiste en la poursuite de la signature des accords de branche CO2/Energie (première et seconde générations) qui viennent compléter le système d'allocation de quotas mis en place dans le cadre de l'"emission trading scheme". Le plan prévoit également d'autres mesures comme la promotion de la cogénération ou celle de l'utilisation d'énergies renouvelables dans l'industrie ou encore la construction de bâtiments de plus en plus performants. Pour plus d'information, cliquez ici.