> Direction des Cours d’eau non navigables

Cellule piégeage des rats musqués

Formulaire de demande d'intervention

 

Pourquoi les combattre?

Le rat musqué (Ondatra zibethicus L.) est originaire d’Amérique du Nord. Il a été introduit en Europe dès 1905, principalement pour sa fourrure. Très envahissant et sans prédateur naturel significatif, il creuse ses terriers dans les berges des cours d’eau ou des étangs causant ainsi des ruptures de digues, des déstabilisations de rives et obligeant de curer plus souvent les rivières. Pour se nourrir, il s’attaque à toutes les cultures riveraines ainsi qu’aux plantes aquatiques accentuant ainsi la diminution de biodiversité de zones humides déjà appauvries par ailleurs.

Dégâts causés par les rats

Le rat noir (Rattus rattus L.) et le rat d’égout (Rattus norvegicus L., alias rat gris ou surmulot) sont les deux espèces les plus dérangeantes. Si le premier a envahi l’Europe vers l’époque romaine, le second, plus cosmopolite, est arrivé dans nos contrées au 18ème siècle. Ils rongent tout ce qui est à leur portée (cloison, câbles électriques …) et ne dédaignent aucune nourriture, voire même leurs propres congénères plus faibles en cas de disette ! Par leurs crottes et leur urine, ils souillent plus de nourriture qu’ils n’en consomment. Ils peuvent transmettre certaines maladies. A l’homme, la leptospirose et la toxoplasmose (la salmonellose par la consommation d’aliments souillés). Au bétail, la fièvre aphteuse, la pneumonie contagieuse, voire même la peste porcine. Il est à noter que les rats noirs sont peu nuisibles et tendent à disparaître sous la pression du surmulot.

i Sachez à qui vous avez affaire !

Le rat musqué, lié exclusivement aux cours d’eau, se distingue par sa très grande taille (longueur du corps 30-36 cm, poids de 1 à 1,2 kg) et sa queue aplatie verticalement. Il creuse des galeries dans les berges et ne pénètre jamais dans les habitations.

Rat musqué Coulées de rats musqués

La Région wallonne est chargée de la lutte contre le rat musqué. Elle dispose à cet effet d’un service public GRATUIT de piégeurs professionnels répartis sur tout le territoire wallon.

Le rat d’égout (longueur du corps de 20 à 25 cm, poids de 250 à 300 grammes, queue fine et arrondie), le plus fréquent dans les habitations, est lié au réseau d’égout, aux ordures et aux ruisseaux ainsi qu’aux endroits de stockage de nourriture (ferme, silo, hangar).
Dans son habitation et sur sa propriété, le propriétaire (ou le locataire) est tenu de détruire les rats d’égout. Cependant, des communes chargent des firmes privées d’interventions planifiées (généralement en automne et au printemps) ou sur appel. Certains services communaux vendent (ou distribuent gratuitement) des appâts empoisonnés.

* Renseignez-vous auprès de votre administration communale

nb Le service de piégeage des rats musqués est compétent pour contrôler le rat d’égout uniquement le long des cours d’eau non navigables (1ére catégorie) appartenant à la Région wallonne.
Il se tient cependant à la disposition des responsables publics pour les conseiller dans la lutte contre les rats.

 

La Lutte

Base légale de la lutte

Le responsable (propriétaire, le locataire, l’occupant, personne de droit public ou de droit privé) est tenu de procéder à la lutte contre le rat musqué dès qu’il en constate la présence ou que celle-ci lui est signalée par un agent de l’autorité. Il est obligé de collaborer suivant les instructions du service lorsqu’une campagne officielle de lutte contre les rats musqués est organisée (Arrêté royal du 19/11/1987 relatif à la lutte contre les organismes nuisibles aux végétaux et aux produits végétaux).

Stratégie

La Région wallonne a divisé son territoire en 21 secteurs (limites de bassins hydrographiques) correspondant chacun à une surface utile de 400 km².
Par surface utile, il faut entendre une aire de laquelle ont été déduites les zones non propices, essentiellement boisées ou très urbanisées. C’est ainsi que le nord ouest de la Wallonie (Hainaut) avec ses terrains de culture limoneux et à haute densité en fossés de drainage est plus favorable à l’installation de l’ondatra que le sud du pays (Ardennes) aux forêts profondes et au sol schisto-gréseux.

Chaque secteur est confié à un piégeur professionnel. Ce personnel dépend directement d’un ingénieur du Ministère de la Région wallonne

Voir: Carte de répartition des secteurs de piégeage

Appâts pour rats

Moyens mécaniques

Dans l’attente de normes ISO et la mise en place d’organismes de certification des engins de destruction ou de capture, la Région wallonne a étudié la spécificité pour le rat musqué des systèmes de piégeage utilisés sur son territoire et de leur respect du règlement CEE 3254/91 interdisant l’utilisation du piège à mâchoires.

Tous les pièges à mâchoires du service de piégeage ont été dotés d’un dispositif empêchant l’engin de se refermer sur un membre de l’animal. De plus, afin d’éviter la capture d’espèces non cibles (spécialement les poules d’eau : Gallinula chloropus L.) le piégeage sur les lieux de passage, tant sur la terre ferme que dans l’eau, sont interdits.

Types

Armement piège Cale piège
Conibear Haargreiffe
Nasse Pose de nasse

Des études belges ont démontré que pour stabiliser une population de rat musqué, 80% des animaux doivent être détruits avant la mise bas de leur première portée (mars-avril) et 90% avant la naissance de la 2ème portée (mai-juin), 94% avant la sortie de la 3ème portée (juillet-août).

Le seul emploi de pièges n’est pas suffisant et autorise même une extension de l’infestation.

Moyens chimiques

Le traitement se fait au moyen d’un morceau de carotte dans lequel est injecté 1 ml d’anticoagulant (chlorophacinone sous forme huileuse contenant 0,25% de matière active).
Une étude de la spécificité de l’appât carotte pour le rat musqué en milieu naturel a établi des recommandations de pose garantissant une sauvegarde des espèces non cibles.
Il est nécessaire de traiter au moins deux fois par an tous les lieux d’installation du rongeur au moyen d’appâts empoisonnés et d’en éliminer un maximum par des pièges mécaniques lors des deux " migrations " (réorganisation familiale) qui ont lieu au printemps et en septembre.

Remplissage Pose d'appât

 

Situation du Service de Piégeage des rats musqués
Les compétences :

La compétence et la mission de base du Service restent la lutte contre le rat musqué sur l’ensemble du territoire wallon (en ce compris les propriétés privées). Le Service intervient de façon systématique ou sur demande d’intervention (privés, administrations publiques, etc.) formulée en général au service central qui coordonne la lutte, le suivi des demandes et la bonne continuité de la mission.

Le Service est également mandaté en tant que conseiller technique en matière de lutte contre le rat d’égout pour les communes qui en feraient la demande. D’une manière générale, des conseils sont régulièrement dispensés aux établissements publics en général (communes, intercommunales, ministères, etc.). Ces conseils visent autant l’efficacité de la lutte mise en œuvre que la diminution maximale des quantités de pesticides utilisées.

Grâce à son expérience et à sa formation continue, le Service de Piégeage est également apte à intervenir de façon ponctuelle sur d’autres espèces de mammifères (identification, inventaire, voire capture ou translocation). Ces missions restent marginales et ne peuvent être assumées au détriment de la mission de base. Depuis quelques années, les agents piégeurs sont régulièrement informés sur les recherches scientifiques en rapport avec les aspect biologiques le long des cours d’eau. Leur collaboration est d’ailleurs régulièrement sollicitée en tant qu'experts. Des contacts avec les régions limitrophes sont régulièrement pris afin d’échanger les connaissances en matière d’espèces ou de techniques de lutte (France, Flandre, Grand-Duché du Luxembourg)

D’un point de vue plus administratif, le Service de Piégeage est actif dans de nombreux groupes de travail relatifs à la problématique des espèces invasives en général, tant au niveau de la révision de la législation que de la possibilité technique de mise en œuvre d’une lutte coordonnée contre certaines espèces. Il a également pris part aux travaux relatifs à une diminution de l’utilisation des pesticides (effets sur la santé publique). Le Service participe également à de nombreux comités de suivi de recherches scientifiques tant comme expert que comme acteur à part entière dans des opérations ciblées de lutte.

Les chiffres :

En 2007, le cadre est complet et bénéficie même d’une personne supplémentaire grâce à un projet Interreg III de Lutte transfrontalière contre le rat musqué (Lutanuis)

Année Nombre de piégeurs
en service
Nombre
d'appâts placés
Nombre
de captures
1997 17 408 651 4 971
1998 16 541 124 4 199
1999 15 561 997 5 117
2000 15 447 672 5 958
2001 16 475 453 6 271
2002 16 537 268 5 314
2003 17 484 890 5 361
2004 22 548 255 7 086
2005 22 548 255 10 813
2006 22 411 794 11 346
2007 22 501 949 8 068

L’effectif du service est à relativiser en regard du nombre d’agents réellement opérationnels sur le terrain. Le métier de piégeur est pénible et engendre régulièrement des maladies et incapacités de travail qui diminuent la possibilité de piéger mécaniquement. Cet état de fait provoque une augmentation substantielle du nombre d’appâts empoisonnés placés lors de campagnes « coup de poing » sur des zones fortement infestées et non couvertes de façon régulière. L’analyse du détail des chiffres et les constatations sur le terrain montrent néanmoins une nette diminution des nuisances sur les secteurs occupés. Certaines zones bénéficient maintenant d’un effet de frontière positif entre secteurs régulièrement occupés par un agent.

La recherche scientifique

Dans le domaine de la recherche scientifique visant l’amélioration constante de ses moyens de lutte, le Service a lancé une nouvelle convention d’études avec le Centre de Recherches agronomiques de Gembloux (Département de Lutte biologique et Ressources phytogénétiques).

Ayant scientifiquement démontré la spécificité de l’appât carotte en terme d’efficacité, et non-toxicité pour la faune non-cible (tant mammifères que oiseaux), les nouveaux axes de recherches concernent maintenant les aspects mécaniques de la lutte, principalement en termes d’adéquation avec les contraintes liées au bien-être animal.

Le second volet important de cette étude concerne la réalisation d’une enquête auprès des communes concernant la problématique de la lutte contre le surmulot (rat d’égout).

Le dernier volet concerne le renouvellement d’un projet destiné à succéder, vu les résultats très encourageants, au projet Interreg III Lutanuis (Lutte transfrontalière contre le rat musqué) arrivé à son terme. Ce renouvellement prévoit l’extension de la zone transfrontalière concernée ainsi que l’augmentation des moyens humains dans la zone concernée.

Le futur

En terme de perspectives, nonobstant les inquiétudes classiques quant aux problèmes futurs d’effectif, le Service de Piégeage souhaite s’impliquer de plus en plus dans les problématiques nécessitant une surveillance ou en tout cas une présence importante le long des cours d’eau et zones humides. Il constitue en effet le seul organisme public à parcourir en permanence les bords des étendues d’eau, quels que soient leur nature et leur statut légal.

D’un point de vue technique, le service s’est doté d’outils modernes de traitement et de récolte des données (GPS, logiciel cartographique, etc.) et il travaille actuellement à une modernisation du traitement des demandes afin d’accélérer la procédure et de systématiser l’archivage dans une base de données complète et intégrée dans un système cartographique (SIG).

L’objectif est d’obtenir grâce aux résultats de l’étude scientifique, obtenir une homologation de ses pièges répondant aux contraintes de l’accord international (Europe – Canada – Russie) sur le commerce des animaux à fourrures. Cet accord doit, à terme, être traduit sous forme de Directive européenne établissant des normes de piégeage sans cruauté pour les animaux à fourrure repris dans la liste de l’accord commercial.

Surmulot
Surmulot (alias rat gris, rat d’égoûts, rat d’eau)

 

Liens utiles

Union nationale des associations de piégeurs agréés de France
Lutanuis (Coopération transfrontalière de lutte contre les nuisibles : rats musqués)


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